Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Nouvelles’ Category

Péma Chödrön nous dit :

 

« Les choses qui s’écroulent sont une sorte d’épreuve, mais aussi une sorte de guérison. On pense que l’essentiel est de venir à bout de l’épreuve ou de triompher du problème, mais la vérité c’est que les choses ne sont pas vraiment résolues. Il y a réconciliation puis écroulement. On les réconcilie encore et elles s’écroulent de nouveau. C’est comme ça que ça marche. La guérison vient de ce qu’on laisse de l’espace pour que tout ça se produise : de l’espace pour la douleur, pour le soulagement, pour la tristesse, pour la joie. »

 

«Parce que nous possédons la bonté fondamentale, la sagesse fondamentale, l’intelligence fondamentale, nous pouvons cesser de nuire à nous-mêmes et aux autres. Grâce à l’attention, nous pouvons voir les choses au moment où elles surgissent. Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités. Nous laissons les choses être minuscules. Elles restent toutes petites. Elles ne prennent pas une ampleur qui les transforme en troisième guerre mondiale ou en violence domestique. »

 

« [… la voie du guerrier est beaucoup plus audacieuse : on cultive un cœur intrépide, un cœur qui ne se ferme en aucune circonstance, toujours totalement ouvert, de façon à être touché par toute chose. »

 

Par la pratique de la vision témoin (s’efforcer de demeurer témoin de tout ce qui apparaît en nous et à l’extérieur de nous), nous découvrons que le vu, perçu, ressenti, conceptualisé, ne peut être sujet puisqu’il est objet d’observation, de perception etc. Pourtant nous constatons que nos pensées, nos émotions, nos sensations, sont tellement nôtres, que sans un effort très grand et soutenu pour nous aider à demeurer témoin, elles deviennent un vécu unique qui se dit en un seul mot : « moi ».

Arnaud Desjardins affirmait que le chemin vers la non dualité passe d’abord par la dualité absolue :

 

« l’autre est un autre, il n’est pas vous, vous n’êtes pas lui ou elle ».

 

De même pour découvrir la conscience en laquelle le manifesté apparaît, il nous faut devenir témoin, car en devenant témoin, nous nous désidentifions du vu, perçu, ressenti, conceptualisé. Le témoin lui-même devient peu à peu objet d’observation, provoquant un recul de la conscience de témoin en témoin. Et un jour, nous touchons à « cela qui est l’espace où s’actualise la manifestation, l’espace origine du manifesté », cet espace qui est absolument « Je » sans trace aucune de « moi ». Cet espace qui est absolument « Je », tout en étant absolument « rien », du fait que seul « moi » peut être quelque chose.

Et là, il ne faut pas se laisser abuser : voir « Je », connaître « Je » ne signifie pas que moi a disparu…

La pratique consiste alors uniquement à voir comment ce « Je » devient « moi » en zoomant sur et en s’appropriant le vu, perçu, ressenti, conceptualisé à partir d’un point de vue unique.

Alors le constat de Péma Chödrön :

 

« Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités. Nous laissons les choses être minuscules. Elles restent toutes petites. »

 

devient notre constat.

 

Nous ne prenons plus livraison, nous ne cultivons plus les graines du mental. Nous ne surfons plus sur les vagues, nous nous efforçons de les vivre sans quitter la profondeur « Je ». Chaque fois que nous y parvenons, la vague est simple mouvement d’énergie, chaque fois que nous kidnappons la vague nous la transformons en tsunami, détruisant tout ce qui n’est pas « moi ».

Notre pratique se réduit à :

 

« Il y a réconciliation puis écroulement. On les réconcilie encore et elles s’écroulent de nouveau. C’est comme ça que ça marche. La guérison vient de ce qu’on laisse de l’espace pour que tout ça se produise : de l’espace pour la douleur, pour le soulagement, pour la tristesse, pour la joie. »

 

Et un jour, à force de s’efforcer de laisser de l’espace, nous découvrons qu’en fait, nous n’aurons à laisser de l’espace qu’aussi longtemps que nous refuserons d’être cet espace. Alors nous ne croyons plus en l’éveil, nous connaissons ce qu’il est, et nous arrêtons de nous mentir sur notre soi-disant désir d’éveil. Nous vivons les yeux ouverts sur notre réalité dans la lumière crue de la conscience.

 

Belle semaine

François.

Publicités

Read Full Post »

« C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé.
Vous n’avez pas à le traverser.
Il vous suffit de ne pas le créer.

Quand vous ne demandez rien, ni au monde, ni à Dieu, quand vous ne désirez rien, ne cherchez rien, l’État Suprême vient à vous, sans que vous l’ayez invité ni attendu. »

Nisargadatta Maharaj

 

Ici Nisargadatta Maharaj renvoie directement à la pratique de Ramana Maharshi. Ramana Maharshi aurait sans doute ainsi complété cet enseignement :

 

À chaque instant demandes-toi « qui » s’imagine être séparé, « qui » s’imagine qu’il doit traverser, « qui » demande, « qui » désire, « qui » cherche. Trouves le « qui », donnes lui l’autorisation de te quitter, alors l’État suprême viendra à toi sans que tu l’aies ni invité ni attendu.

 

Tout cela vu, le seul constat à faire c’est : « est-ce qu’ici, dans la lumière sans compromis de la Conscience, il est vu que ça donne l’autorisation ? »

Comment le savoir ?

 

Si je ne peux demeurer en moi-même d’instant en instant, si cette conscience incarnée tourne son regard vers dans l’attente de, dans la crainte de, alors il est su qu’ici ça veut vivre « moi » plus que « Je ».

Et cette connaissance ouvre sur la pratique du vivre aussi totalement que possible en se quittant à travers chaque chose vécue dans la connaissance de ce qu’elle est, et plus dans la boulimie du manque. Ainsi avant de se quitter, la pratique consiste à vivre « moi » à partir du témoin, du connaissant, et non plus à partir du prédateur ou de la proie.

 

Comme dit Péma Chödrön dans son livre « entrer en amitié avec soi-même » :

 

« Ainsi, qu’il s’agisse de colère, de convoitise, de jalousie, de peur ou de dépression – peu importe -, il ne faut pas essayer de nous en débarrasser mais au contraire entrer en amitié avec cela. Cela signifie arriver à le connaître à fond, avec une certaine douceur, et une fois que l’on en a fait complètement l’expérience, apprendre à lâcher prise. »

 

« […] la voie du guerrier est beaucoup plus audacieuse : on cultive un cœur intrépide, un cœur qui ne se ferme en aucune circonstance, toujours totalement ouvert, de façon à être touché par toute chose. »

Et dans son livre : « La Voie commence là où vous êtes » Péma Chödrön constate:

« Si on n’entretient pas le feu de la colère ou le feu du désir véhément en se parlant à soi-même, alors ce feu n’a aucun combustible pour s’alimenter. Il atteint son maximum puis s’éteint. On dit que toute chose a un début, un milieu et une fin, mais quand on commence à blâmer autrui et à se parler à soi-même, il semble que les choses aient un début et un milieu mais pas de fin. »

……….

 

En ce qui me concerne, ce qui marche le mieux pour ne pas entretenir quoi que ce soit, je parle de pratique et non de résultats, c’est le « Ne pas en prendre livraison » de Nisargadatta Maharaj. Ce que j’expérimente ici, c’est que « ne pas en prendre livraison » correspond très exactement à « laisser ce feu atteindre son maximum » comme un moteur de voiture au point mort, lorsque la pédale de l’accélérateur est au plancher, rugit dans un vacarme assourdissant tandis que la voiture demeure tranquillement immobile.

Quant à la parole de Péma Chödrön citée la semaine dernière :

« Vous êtes le ciel.

Tout le reste c’est le temps qu’il fait »

 

je la vis « ici » ainsi :

 

« Je » est le ciel, « moi » se prend pour le temps qu’il fait ».

 

En ce vu, la pratique est le but selon la belle formule de Nisargadatta Maharaj.

 

Belle semaine

François

Read Full Post »

« Au lieu de chercher ce que vous n’avez pas, trouvez ce que vous n’avez jamais perdu. »

Nisargadatta Maharaj

 

Oui, encore faut-il qu’il nous ait été donné de voir que notre conscience est tournée 24 heures sur 24 « vers », c’est à dire soit sur les objets perçus à l’extérieur (personnes, paysages etc.), soit sur les objets perçus à l’intérieur (pensées émotions sensations) et jamais dans la saveur de ce qu’elle EST en son Origine : Conscience sans contenu.

 

Ce que nous n’avons pas, comme ce que nous avons, apparaît un instant puis disparaît. C’est le monde du changeant.

Ce que nous n’avons jamais perdu est le « lieu » de l’apparition du changeant.

 

Or ce « lieu » nous le sommes. Donc chaque fois qu’il filtre à travers la conscience identifiée « moi », sa saveur bien réelle ne peut être attribuée « à » ni être le résultat d’un objet. Si nous sommes à cet instant suffisamment présence, alors nous connaissons « Cela » que nous sommes. Connaître est naissance, retour, en rien savoirs. Bien des métaphores sont utilisées pour décrire la conscience sans contenu. L’une d’elle est particulièrement parlante :

 

« Vous êtes le ciel.

Tout le reste c’est le temps qu’il fait »

Pema Chödrön.

 

Belle semaine

François

Read Full Post »

« Vous pouvez suivre une voie ou une autre – mais à chaque fois, ce sera la voie juste pour ce moment-là. »

Nisargadatta Maharaj.

 

Sans doute peut-on faire beaucoup d’objections à une telle affirmation.

 

Alors dépassons la surface du « penser » et laissons sonner cette phrase.

 

Le « mais à chaque fois, ce sera la voie juste pour ce moment là » est la clef.

 

Qu’est-il ce moment ?

 

C’est ce que nous sommes à cet instant.

 

Or

 

À chaque instant, ce que nous « choisissons » est l’exacte résonance à ce que nous sommes. La voie choisie est donc à chaque instant celle qui nous correspond, celle par laquelle ce que nous sommes se manifeste aussi sûrement que le reflet dans le miroir.

À nous d’utiliser la voie pour voir notre reflet présent, au lieu d’en faire notre croisade.

La croisade est simplement un reflet de nous même que nous n’avons pas voulu affronter. Ce manque de courage et d’honnêteté nous fait porter notre monde au rang de vérité universelle, dans le jugement de l’autre, parfois même jusqu’au meurtre. Mais la voie, elle, n’y est pour rien. Pour l’un, elle est le miroir en lequel moi est défait, pour l’autre, elle est le fer de lance d’un moi qui veut s’imposer à tous.

De toute façon que nous suivions une voie considérée comme telle, ou non, notre vie, dans son film unique, est notre chemin, l’unique lieu de la pratique. En effet notre vie, dans son film unique, est le miroir qui nous est tendu pour nous voir. À nous d’oser y regarder, de trouver en nous le courage pour faire de ce que nous y voyons un défi et une opportunité de voir enfin que cette vie nous correspond. La découverte de cette correspondance, qui est aux antipodes de la notion de mérite et de démérite, ne peut être que nôtre. Elle n’est pas vérité à envoyer à l’autre, car de l’autre nous ne savons rien, nous pensons que nous voyons l’autre alors que nous ne voyons que ce que nous pensons de l’autre ; les drames comme les réussites rencontrés sont un mystère. Le mystère est défini comme le caractère profond de quelque chose, et en grec ancien il signifie « initié ». Ainsi notre vie nous initie. Alors ne prenons pas livraison de ce que nous pensons. Ce que nous pensons n’est que le reflet de notre monde et en tant que tel un simple miroir pour se voir et se quitter, afin d’être un peu plus dans « le » monde et un peu moins dans « notre » monde.

La voie comme la vie est essentiellement « personnelle ». Paradoxalement, c’est justement ce « essentiellement personnelle » qui peut devenir, pour nous, la porte et le chemin vers l’au-delà du moi.

Là est notre seule responsabilité.

Et comme vivre une voie c’est demeurer les yeux ouverts, s’informer, agir à partir de ce que l’on est, « en restant tranquille », sans laisser son monde ni le monde des autres prendre les commandes, gardons ce texte dit de « Baltimore » en notre cœur :

« Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité. Ecoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant, ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit.

Ne vous comparez avec personne, vous risqueriez de devenir vain et vaniteux. Il y toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit-elle, c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberie. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe. Plusieurs individus recherchent les grands idéaux et partout la vie est remplie d’héroïsme.

Soyez vous même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de tout désenchantement et de toute stérilité aussi éternel que l’herbe. Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. 

Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles, vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui. Et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme.

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention. Tachez d’être heureux… »

Belle semaine

François

Read Full Post »

« Vous pouvez suivre une voie ou une autre – mais à chaque fois, ce sera la voie juste pour ce moment-là.

 

Au lieu de chercher ce que vous n’avez pas, trouvez ce que vous n’avez jamais perdu.

 

C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé.
Vous n’avez pas à le traverser.
Il vous suffit de ne pas le créer.

 

Quand vous ne demandez rien, ni au monde, ni à Dieu, quand vous ne désirez rien, ne cherchez rien, l’État Suprême vient à vous, sans que vous l’ayez invité ni attendu. »

Nisargadatta Maharaj

 

Belle semaine

François

Read Full Post »

Il est un éveil ordinaire dont on ne parle presque jamais. Peu de textes lui sont consacrés. Dans le bouddhisme tibétain on le nomme « rigpa », dans le bouddhisme zen « petit satori ». Il survient, comme toutes nos naissances en cette vie, sans nous demander notre avis. Pour s’actualiser, il demande juste la présence, car sans elle il n’est pas vu pour ce qu’il est : vacuité, fraîcheur, auto-luminosité (ne surtout pas entendre par là un phénomène lumineux) ; et surtout « ce que nous sommes » ; sans présence il est vécu comme un instant particulier, une expérience. Il devient référence, souvenir.

S’il survient au cœur de la présence il est découverte très simple de ce que nous sommes avant que nous soyons devenu quelqu’un. Il est alors pareil à une première aube en regard de la nuit.

L’âme découvre alors qu’avant l’apparition de l’aube elle ne savait même pas qu’elle était dans une nuit noire, car cette nuit elle l’appelait « ma » souffrance, « mon » bonheur, « mes » plaisirs, « mes » douleurs, « mon » amour, « ma » haine, « mes » réussites, « mes » échecs : la dualité dans son infinie nuance. Elle découvre que cette nuit est la nuit de la conscience identifiée à, et qu’elle l’a condamnée à voir l’autre comme la cause de ce qu’elle vit : l’heureux ou le douloureux.

Le chemin se poursuit alors au cœur d’un « voir », d’un non-agir c’est à dire d’une pratique persévérante sans un moi qui fait pour obtenir.

 

La phrase de Nisargadatta Maharaj :

 

« La pratique est le but »

 

se dit « ici » au lieu de s’entendre « là-bas ».

 

Le chemin dans le temps et le but à atteindre s’arrête.

 

Le présent est instant.

 

Le chemin saveurs dans l’instant.

 

Ce n’est pas une expérience, car l’expérience est ponctuelle. Le frémissement de l’aube perçue ne vacille plus. Par cette saveur, l’homme sait qu’il est tout entier « Cela », cette aube naissante. Et cette aube naissante se dévoile à lui en lui montrant en même temps les voiles de « la conscience identifiée à » dont il la recouvre encore. Ici rien à atteindre. La vision est connue et par cette connaissance, la moindre ombre est perçue, n’est plus qualifiée, seulement pleinement perçue en tant que point de vue « moi/je » ; constat très concret que l’aube, saveur sacrée de l’Origine qu’il EST, n’est pas pour autant le plein midi.

 

Découverte :

 

Ce qui était qualifié d’ombre à partir d’un point de vue dualiste éclate. Il est vu que l’ombre est juste «  La Conscience qui s’identifie à » afin de connaître à partir d’un point de vue « moi », et qui fait de ce point de vue « son » identité. La parole de Nisargadatta Maharaj :

 

« C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé.
Vous n’avez pas à le traverser.
Il vous suffit de ne pas le créer. »

 

devient l’évidence « ici ».

 

Vision que cette identification « à » donne naissance à la notion de bien et de mal, de « moi » et de « l’autre ». De cette conscience identifiée surgit le monde que nous connaissons et que nous voulons changer sans voir qu’il est produit par les points de vue « moi » divergents d’une conscience incarnée à l’autre ; chacune persuadée que ce qu’elle pense, que son point de vue, va sauver le monde, quel que soit ce point de vue.

 

La phrase entendue là-bas sonne clairement « ici » :

 

« Qu’avez-vous à vouloir sauver le monde quand tout ce dont il a besoin est d’être sauvé de vous ? »

 

Là encore cela n’empêche pas d’agir pour le monde auquel nous croyons, mais sans illusion. Un point de vue est un point de vue, il est le fruit de la dualité et transmettra la graine de dualité qu’il porte en lui.

 

Quant à vivre l’état simple de réponse n’ayant sa source dans aucun point de vue, cela demande la complète disparition de l’identification de la conscience « à ». À chacun de voir « ici » ce qu’il en est !

 

Cette aube naissante nous fait cadeau d’une pratique nouvelle et simple :

Ne plus prendre livraison, voir juste ce qui est à l’intérieur comme à l’extérieur. Ne plus penser. Voir.

Simplement vivre totalement la nuit qui demeure et que cette aube qui ne vacille plus révèle d’instant en instant. Connaître que la nuit est faite des voiles infinis produits par la conscience identifiée « à ». Et si ce frémissement de l’aube nous révèle ce que nous sommes, son plus beau cadeau est de nous rendre visible les ombres dont nous la recouvrons qui font de « la » vie, « notre » vie. Du tout arrive, tout « m’ »arrive.

L’âme qui chemine est alors vue pour ce qu’elle est. L’âme est le principe de dualité, quelle que soit sa « hauteur de vue ».

Le chemin devient concret, de voile découvert et connu en voile découvert et connu. D’au-delà du « deux » en au-delà du « deux ».

Oui, la pratique est le but.

 

Belle semaine

François.

Read Full Post »

Le maître spirituel est rarissime. Amma en témoigne, et quand elle parle du maître spirituel elle parle d’une incarnation totalement libérée.

Extraits du message d’Amma pour les célébrations de Gurupurnima

27 juillet 2018, Amiritapuri

 

image001

 

Gurupurnima, la fête du maître spirituel, nous rappelle que nous devons trouver notre plénitude à l’intérieur. En regardant au travers des fenêtres étroites de notre mental, nous arrivons à de fausses conclusions sur nous-même et sur le monde. Le maître spirituel est l’ami le plus noble et le plus fiable qui nous éveille à la réalité selon laquelle : « Je ne suis pas cette petite entité (corps, mental et intellect) ; je suis l’infini, aussi vaste que le ciel, je suis la plénitude même. »
Personne ne sait combien de temps il nous reste à vivre cette incarnation humaine. La mort nous suit de près à chaque pas. Ne gaspillons pas cette précieuse incarnation en plaisirs éphémères. Nous avons à portée de main une opportunité en or d’atteindre le but véritable de l’incarnation humaine. Sachons faire bon usage de cette existence pour rechercher au plus profond de notre essence véritable et comprendre la source véritable de la paix et du bonheur.
Dieu est comme la lumière infinie du soleil. Mais nous ne pourrons pas y allumer notre fourneau de cuisine. La compagnie du maître spirituel est l’allumette nécessaire pour allumer ce feu à l’intérieur du disciple. Sa présence nous permet de grandir concrètement.

 

image002

 

Nous sommes actuellement captifs de ce qui nous plaît et déplaît. Ça ne marchera pas de nous dire que nous tenterons de dépasser nos goûts et nos aversions plus tard. Nous aurons beau essayer de lâcher notre valise pour éviter de couler, comment ferons nous si nous avons les doigts gelés ? C’est la même chose avec nos goûts et nos aversions. Nous avons tous le divin en nous. Le maître spirituel ne fait que nous débarrasser de ce qui est indésirable en nous. Mais c’est justement ce à quoi nous nous agrippons si fort. Voilà pourquoi il devient difficile de sculpter la magnifique statue qui se cache en nous.
Disciple se dit sishya en sanskrit. Sishya signifie « celui qui est prêt à être instruit ». Est sishya celui qui devient lui-même l’offrande. Le disciple devrait être pleinement conscient que tout ce que fait le maître spirituel – c’est pour son élévation et son bien. Certains se demanderont si une telle obéissance au maître spirituel n’est pas une forme d’esclavage. La vérité c’est que le disciple est déjà esclave de ses tendances latentes personnelles et de son égo. Lemaître spirituel essaie de libérer le disciple des chaînes de cet esclavage.
Il agit comme une fusée de lancement. Prisonniers de nombreux attachements, nous sommes comme des satellites qui tournent constamment en rond, pris dans le champ gravitationnel de la terre. Le maître spirituel, notre fusée de lancement, nous libère de ces entraves. »

 

Belle semaine

François

Read Full Post »

Older Posts »