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Archive for the ‘Nouvelles’ Category

Une fois encore nous nous trouvons au cœur de l’essentiel, au cœur de ce qu’il y a à découvrir.

Cette parole de T.S. Eliot est un koan, c’est à dire une parole qui a pour objet la dissolution de la conscience identifiée qui donne naissance à l’identité « je suis moi (corps, psychisme, réussites, échecs (histoire personnelle)», et du point de vu totalement subjectif que cette identité génère.

De même celle de Ramana Maharshi : « à tout instant, en tout lieu, demande-toi : « qui veut, qui fait, qui pense, qui suis-je. »

De même celle de Nisargadatta Maharaj « « Quavezvous à vouloir sauver le monde quand tout ce dont il a besoin est d’être sauvé de vous? »

La parole de T.S.Eliot est particulièrement claire : « ne pas se faire de soucis » ne signifie pas « ne pas se soucier ». De même la parole de Nisargadatta Maharaj signifie simplement qu’il ne peut y avoir d’action tant que « je suis moi » identité est l’agissant. Ce que Swami Prajnanpad exprimait ainsi : « vos actions sont des réactions. » Lorsque l’identité « je suis moi » n’est plus là, l’action devient réponse à une situation sans personne pour défendre « son bout de gras. » Le monde nous enseigne depuis toujours à travers les conflits et les révolutions que l’ego ne peut que réagir, ne peut que défendre son propre royaume, et la conséquence est que l’opprimé devient toujours l’oppresseur dès qu’il est en situation de pouvoir.

« Apprends-nous à nous soucier sans nous faire de soucis »

Tant qu’il y a en nous « quelqu’un qui se fait du souci en se souciant », nous ne nous soucions pas de l’autre, car ce que nous cherchons sans le voir c’est qu’un changement de situation nous ramène à l’état de Paix. Encore faut-il une vision claire, simple, soutenue par une ferme décision de voir le réel, pour que cela devienne notre constat, et pas simplement une pensée à laquelle nous adhérons ou non.

Certains ayant « vu », tournent alors leur regard « au dedans » constatant que c’est la seule démarche qui puisse libérer le monde, comme eux-mêmes, de la souffrance. Et ce regard intérieur les mène à prendre garde qu’aucune émotion ne vienne troubler leur cœur dans la relation ici et maintenant à l’autre.

À voir (cliquez sur le lien)

monastères

Belle semaine

François

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Depuis notre naissance nous vivons dans un monde où l’égoïsme est défini en termes d’actions. Selon ce que nous faisons, nous sommes ou non égoïstes. Si cela peut être une aide dans notre relation à l’autre, est-ce vraiment la réalité ?

L’égoïsme est l’ego et ce n’est pas parce-que nous aimons faire le bien plus que le mal que nous sommes pour autant libre de l’ego.

C’est en observant les mouvements de la conscience vers ses intérêts, ses fascinations, ses refus, ses peurs, ses certitudes et ses idéaux, qu’un jour l’ego apparaît pour ce qu’il est : ni ceci, ni cela, simplement un mouvement de la conscience « vers ».

Ainsi la conscience originelle, semblable à une eau immobile et limpide en laquelle tout se reflète et a le droit d’être, se met en mouvement vers une sensation, une émotion, une pensée, une image vue dans le miroir. Ce zoom « vers » s’achève dans la fusion de la conscience avec le vu, perçu, ressenti, conceptualisé survenus en elle. De cette fusion de la conscience « avec » surgit « je suis ceci, cela, je suis moi» sensations, émotions, pensées, images de soi-même aussi bien psychologique que physique. Apparaît alors, sans qu’il soit vu en sa source, le point de vue personnel. Et ce point de vue non vu en sa source, non perçu en sa programmation, donc non connu, devient notre identité. Et cette identité donne naissance au monde que nous connaissons. Un monde où chaque point de vue tente de survivre mécaniquement, conformément aux programmations familiales, sociétales, religieuses, politiques, qui l’ont formé, aux vécus survenus au contact de situations diverses, heureuses et douloureuses, auxquels cette conscience s’est identifiée en en faisant « sa » vie. Alors ce point de vue/identité se transforme insidieusement en idéal à défendre, en solution unique pour régler les maux du monde. A ce stade il n’y a, selon swami Prajnanpad, aucune conscience :

« Vos pensées sont des citations, vos émotions sont des imitations, vos actions sont des caricatures»

Pourquoi ?

Swami Prajnanpad nous propose de le découvrir en nous, et pour nous aider il nous dit :

« On voit rarement, on pense que l’on voit et la première exigence pour être vraiment Homme est de se libérer de la pensée et de s’établir sur le terrain solide du voir. »

Et cela demande à être vérifié par nous-même, en nous-même. Pour cette raison, si une quête intérieure profonde et authentique ne survient pas, à ce stade le constat de Nisargadatta Maharaj est, lui aussi, impossible.

« Quavezvous à vouloir sauver le monde quand tout ce dont il a besoin est d’être sauvé de vous? »

Sri Nisargadatta Maharaj

car là encore ce n’est pas une phrase à comprendre mais une réalité à voir au cœur de notre propre conscience. Mais pour découvrir cette évidence, faut-il encore plonger suffisamment dans l’origine et la formation de l’ego, de l’identité. Quitter la vague pour la découvrir à partir de la profondeur.

Alors seulement, au cœur de cette profondeur silencieuse sourd la saveur « de l’homme simplifié ».

Et cet homme simplifié, toutes celles et tous ceux qui ont rencontré et reçu la bénédiction de Guendun Rinpoche, l’ont vu incarné et surtout totalement accompli.

Hommage á Gendun Rinpoche – YouTube

Belle semaine

François

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Personne ne choisit le chemin qui lui correspond. Il le rencontre, le reconnaît, et s’y donne quand il ne peut plus rien faire d’autre.

Ainsi, Il y a bien des chemins pour mener à la vacuité que nous sommes. Certains semblent tournés vers l’autre, comme celui de la compassion, d’autres semblent plus tournés vers la connaissance de soi, et pour cette raison sont souvent étiquetés d’égoïstes.

Mais qu’est-ce que l’égoïsme sinon la nature même de l’ego, quels que soient ses actes ? Qu’est-ce que la connaissance de soi, sinon le fait de voir l’ego pour ce qu’il est, sa formation, ses fruits au-delà de l’apparence, et sa résorption en la Conscience Originelle Une et Même chez tous.

Sur le chemin de la compassion, un jour, la vue de l’autre foudroie le moi et ses comportements mécaniques et compulsifs. « Moi » conscience identifiée, totalement aveuglée par elle-même, au contact de la souffrance de l’autre, s’effondre. Si cette vision soudaine déclenche une pratique inlassablement soutenue vers l’autre, le moi s’efface systématiquement devant l’autre ; pas un effacement névrotique programmé par une incapacité à se donner le droit d’exister et de vivre, mais un effacement survenant au cœur d’une véritable vision de l’autre. Alors vient un moment où il ne reste plus que l’autre, et « ici » il n’y a plus rien. L’homme, la femme, n’est plus alors que réponse, sans aucun monde, sans aucune croyance, sans aucune morale, à projeter, à défendre, à imposer. Le bien et le mal disparaissent, la vision du réel les remplace, et de cette vision naît une réponse sans personne pour ressentir « c’est moi qui ». Ainsi, par la compassion, la conscience revient à elle-même, au Soi qu’elle est. Certains, certaines, ont témoigné de cet état à toutes les époques, dans tous les pays, à travers toutes les voies existantes.

Un autre chemin correspond à une structure humaine différente. La souffrance d’autrui dévoile alors la saveur du « moi ». Ce dévoilement, s’il tombe dans une « terre fertile », ouvre une enquête exigeante et inlassable sur l’origine de la « personne », c’est à dire de cela même à partir de quoi nous ressentons « çà, c’est moi, je suis ceci, cela » et de sa formation. Dans cette voie ce qui est recherché ce ne sont pas les fruits, mais l’arbre. Car il est vu que si les fruits sont amers et toxiques, c’est dû à l’identification de la conscience à. Il est vu que cette identification une fois programmée, la conscience est contrainte de vivre et de réaliser ses conditionnements, ses programmations, « son » point de vue.

Au cours de cette enquête intérieure, le « comment s’est formée cette programmation » est découvert. La vision témoin devient la pratique permettant de désolidariser la conscience de ses contenus. Et tôt ou tard, la conscience se retrouve dans son état originel vide de tout contenu. Il est vu alors que : « je suis le ciel, pas le temps qu’il fait ». Il est connu que « je suis le ciel » est par nature Amour et compassion. Cet instant « je suis le ciel » est découverte du « Je Suis », mais ce n’est certainement pas l’éveil. Le chemin vers l’éveil commence dans la vision et la saveur d’une conscience qui va d’un instant à l’autre du « ciel que je suis », au temps qu’il fait « et que je crois encore être quand la tempête se lève ou que le soleil brille de tous ses feux dans un instant de bonheur éblouissant ».

            Quant à la pratique au cœur de la saveur qui se révèle d’instant en instant, d’un pôle à l’autre, elle se résume à tenter à chaque instant l’attitude de Ste Thérèse de Lisieux, rappelée par Jean-Marie dans le commentaire du texte 352 : « « Seigneur, je choisis tout. »

Cet instant marque la naissance du disciple.

            Au cœur de cette tentative, c’est aussi la reconnaissance absolue du NON comme du Oui que je suis, ici et maintenant.

« Je choisis tout » est un Koan.  

« Je », le point de vue personnel, ne peut choisir tout.

Alors ?

Cette simple phrase « je choisis tout » vise la disparition de celui, celle, qui choisit, comme le «  qui suis-je ?» vise la dissolution de celui, celle, qui pose la question.

Peu à peu le disciple se dissout dans sa pratique.

Au cœur de cette dissolution progressive, l’évidence advient : « la pratique est le but ».

          Ci-dessous, une autre vidéo sur Valaam ; un regard plus intérieur me semble-t-il que celui proposé par Arte dans le reportage vu précédemment.

KTOTV. Valaam, l’archipel des moines (27.11.2012) – YouTube

Belle semaine

François.

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Un chemin c’est un passage dans un paysage particulier. Il y a des chemins qui bordent des précipices, d’autres qui longent paisiblement « le ciel, le soleil, et la mer ».

Tous ces chemins sont faits pour être traversés et nous conduire « au-delà ». Toujours « au-delà ».

Quand j’étais jeune, tels qu’on me les présentait, le chemin et la voie étaient une même et unique chose : la religion. Et puis à côté, après la prière du matin et du soir ou la messe du dimanche qui étaient la pratique sur la voie, il y avait la vie teintée de bonnes ou de mauvaises actions à l’aulne desquelles je me trouvais du côté des pécheurs ou des gens bien, passant d’une identité à une autre.

Auprès d’Arnaud Desjardins, j’ai découvert que ma vie telle qu’elle est ici et maintenant est le paysage qu’il m’est donné de traverser, qu’il me plaise ou non. Mais plus encore, que ce que je suis ici et maintenant est toujours le chemin qui me permettra de traverser ou non ce paysage, quelles que soient les difficultés rencontrées. Notre vie à chacun, devient alors, pour chacun, un défit et une opportunité de nous voir, sans plus ni bien ni mal, tel que nous sommes, et dans la clarté de cette vision, de découvrir que si nous « ramons » la cause est toujours ici au cœur d’une conscience identifiée et par là-même aveugle.

Une vie en laquelle tout est donné, n’est pas plus facile à franchir qu’une vie où il semble que rien n’est donné. Quitter une plage merveilleuse devenue notre possession et notre identité (moi = réussite), n’est pas plus facile que quitter un lieu froid et désolé dont nous avons fait notre possession et notre identité (moi = vie de chien). L’un comme l’autre nécessite de se quitter pour avancer. .

Ainsi, La vie advient pour chacun, chacune, telle qu’elle est, sans nous demander notre avis, pas plus qu’elle ne nous demande notre avis pour nous accorder ou non tous les talents.

A quoi sert de rêver de là où l’on n’est pas ? Car soit tu rêves ta vie et toi-même, et tu resteras toujours là où tu es, soit tu fais ce qui est dans tes capacités, avec toute la persévérance, le réalisme, et le courage possible, pour tenter de vivre tes rêves. Car au début tout est rêve, des ambitions les plus mondaines à la recherche spirituelle elle-même. Mais cette phase doit nous conduire à nous mettre en phase avec le réel, à reconnaître le réel. Si cet instant survient, alors une bascule se fait, de « mon » monde qui croit, qui veut, « au » monde qui est.

L’erreur, particulièrement dans notre monde moderne, c’est que nous pensons que si nous voulons quelque chose, la vie doit nous le donner. Mais ça ne marche pas comme ça : « l’homme propose, avec tout son engagement et Dieu dispose », aussi révoltant que cela puisse paraître au « moi », tant que, pour lui, Dieu n’est qu’une croyance fondée sur une image anthropomorphique d’un Père tout puissant, omniscient, et infiniment bon !

Là intervient la découverte et la réflexion, au sens d’un miroir réfléchissant ce qui y apparaît. Une voie authentique propose des façons de parcourir le paysage qu’est notre vie. Elle ne nous propose pas une autre vie, un autre paysage. Elle ne nous dit pas de ne pas nous prendre en main :

« Attache ton chameau, et mets ta confiance en Dieu ! »

Faire sa part comme dirait le colibri. Et ensuite tirer les leçons de chaque instant au lieu de nous plaindre ou de nous glorifier. Mais aussi tenter toujours et encore le saut au-delà du résultat, le saut dans le vide, tenter et retenter inlassablement l’ouverture inconditionnelle du cœur/conscience à ce qui est. Alors il est vu que la Vie n’a pas seulement pour sens et but de nous faire obtenir ce que nous voulons. La vie cherche à nous donner la liberté absolue. Pas la liberté : je fais ce que je veux, non, la liberté d’un cœur/conscience que rien ne peut plus fermer parce qu’ étant absolu espace, il accueille tout, sans être affecté, limité, par rien. La vie nous dit inlassablement :

« Tu es le ciel, arrête de te prendre pour le temps qu’il fait ».

Et c’est à travers notre vie à chacun qu’elle nous y amène, à chaque instant. En partant de ce que nous sommes aujourd’hui, notre vécu : je suis le temps qu’il fait. Elle nous fait passer par le ciel le plus pur d’un matin d’été, aux cyclones les plus destructeurs. Elle nous fait peu à peu passer l’envie de vivre « moi le beau temps , moi le cyclone ». Car pendant longtemps nous courons autant après l’un, qu’après l’autre, pour nous sentir exister intensément. Et puis, un jour, le beau temps semble avoir disparu de notre vie. Et nous sommes comme le surfeur qui se retrouve dans le tunnel d’une vague immense, sans aucune capacité ni possibilité de surfer cette vague.

« Nous sommes alors,» comme dit Françoise, « entre les murs d’une existence où la seule sortie possible est être. Et être, s’accompagne toujours de laisser être ! »

Car en effet, être, c’est s’ouvrir à ce qui est, à l’autre tel qu’il est, aux situations telles qu’elles sont. Être n’est pas une possession, mais une dépossession.

Et lorsque la conscience, contrainte par la vie qui cherche à lui faire simplement retrouver ce à quoi elle aspire sans le savoir, goûte ne serait-ce qu’un instant la nature de l’esprit qu’elle est, elle découvre « ici » ce que Ramana Maharshi voit en lui-même :

« la question « qui suis-je ? » n’est pas vraiment destinée à obtenir une réponse. La question « qui suis-je ? » est destinée à dissoudre l’auteur de la question. »
~ Sri Ramana Maharshi

Une fois entrevu ce qu’elle est, la conscience ne s’oublie plus. La vie, la nôtre, qui est le paysage qu’il nous est donné de traverser, ensoleillé ou froid, devient le dissolvant du « moi » conscience identifiée. « Moi commençant à être dissous » devient la grâce par laquelle nous retournons en la paix de l’Origine, une et même au cœur de toute la manifestation. Et cette paix fait naître alors pour la vie qui nous est donnée, un sentiment nouveau : l’aube d’une gratitude inconditionnelle issue d’un cœur/conscience qui retourne, par cette vie, au ciel qu’il est, en quittant le temps qu’il fait et qu’il croyait être. C’est l’aube de la gratitude du Soi, au Soi retournant au Soi.

The Self Reveals Itself to Itself by Itself – YouTube

Cette vidéo est sous-titrée.

Belle semaine

François

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Tous nos souvenirs sont avant tout des vécus. La mémoire de la conscience identifiée « moi » enregistre uniquement, ce qu’elle vit, et non la situation, le film tel qu’il est. Lorsque l’inconscient est mis à jour, parfois cela est vu, parfois non.

Ce constat est-il si important ?

Totalement, et pour une raison : ce que je « revis, retrouve » c’est mon histoire. J’utilise souvent l’image de la cloche et du battant : ce n’est pas le battant qui est responsable du son de la cloche, il ne fait que le révéler, et en tout premier lieu à la cloche elle-même. Ainsi l’inconscient est-il le son de notre moi. Ce son est la manifestation de la vision très personnelle à partir de laquelle une situation qui s’est produite (tout arrive) est devenue une situation qui m’est arrivée, à moi, que j’ai aimée ou détestée, qui est source pour moi de fierté ou de honte, voire de culpabilité. Cette façon très personnelle d’avoir pris cette situation a modifié, pour moi, la réalité même de cette situation (en Inde l’image de la corde prise pour un serpent est souvent utilisée pour décrire ce phénomène). Ainsi, les souvenirs retrouvés sont l’exacte réalité de mon vécu (le son de la cloche), mais pas des situations.

Voir cela est difficile, et bien des personnes ne seront pas d’accord.

Un pas de plus, et nous pouvons en dire autant des souvenirs très récents.

Encore un pas de plus et nous découvrons (et c’est sans doute la plus belle et la plus importante découverte sur un chemin spirituel) qu’il en est de même de ce que nous voyons et rencontrons à chaque instant. Nous découvrons que nous ne voyons jamais le monde, l’autre, mais notre monde, notre autre. Ce point de vue personnel est la source de notre monde émotionnel, de nos certitudes, de nos jugements, de nos colères, de nos fascinations qui peuvent aller jusqu’à l’idolâtrie, du j’aime/j’aime pas, j’adore/je hais, et surtout d’une erreur de perception dévastatrice pour nous comme pour le monde : ce point de vue personnel met toujours la cause de ce que nous ressentons là-bas, alors qu’elle est ici. Par elle, l’autre est toujours responsable de. Nous croyons entendre le son du monde alors qu’en fait nous n’entendons que notre petite musique personnelle, c’est à dire celle de la personne que nous croyons être.

Voir cela nécessite d’accepter de quitter notre petite musique que nous aimons tant ; c’est le début de la mort à soi-même. C’est l’aube aussi du pardon dans son vrai sens : l’offenseur et l’offensé sont une même pièce. Si l’offensé disparaît, la pièce entière disparaît. Pardonner ce n’est pas pardonner à l’autre, c’est disparaître en tant qu’offensé.

Quand cela est vu (pas seulement compris), l’autre devient la grâce par laquelle notre monde nous est révélé.

Arnaud Desjardins raconte dans le documentaire que je vous propose en fin de ce texte un échange avec swami Prajnanpad : Arnaud, en entretien lui dit :

« j’ai vu Ma Anandamayi… »

Sawami –ji le coupe et lui dit

« vous n’avez jamais vu Ma Anandamayi »

Arnaud s’insurge, swami Prajnanpad le coupe sèchement :

« Vous n’avez jamais vu Ma Anandamayi, vous n’avez jamais vu que votre Ma Anandamayi !»

Une telle réponse peut être pour nous intéressante, stupide, ou bouleversante. Dans ce dernier cas, c’est toute notre vision du monde qui s’effondre avec elle. Tout ce que nous croyons, pensons, toutes nos certitudes, s’effondrent. Et perle parmi les perles, notre point de vue vacille. La conscience identifiée pareille à un angle aigu dont la pointe harponne tout ce qu’elle perçoit « dehors », s’ouvre, s’ouvre, et se transforme en espace sans limite accueillant ce qui y apparaît. C’est le début de la conversion au sens propre : la conscience retourne à son origine : espace, clarté, fraîcheur. Nous commençons à voir et à vivre que nous ne sommes pas dans le monde, mais que le manifesté apparaît au sein de la Conscience, qui se dit en un « Je » unique à travers toutes les formes manifestées. Et ce début de vision est l’aube de l’amour.

ARNAUD DESJARDINS: ITINERAIRE SPIRITUEL – YouTube

Belle semaine

François

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« Ne marche pas sur les traces des anciens ;

Cherche ce qu’ils cherchaient »

Bashô.

 

« Étudier la voie du Bouddha, c’est s’étudier soi-même.

S’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même.

S’oublier soi-même, c’est être illuminé par les dix milles dharmas. 

Être illuminé par les dix mille dharmas,

C’est retirer la barrière entre soi et les autres ;

Il ne reste plus de trace d’illumination, et cette absence de trace

Continue indéfiniment. »

Dôgen Kigen.

 

Le dharma est la loi cosmique, l’ordre universel. Peut-être est-ce une interprétation contestable, mais je dirais que, telle que je la comprends, la loi cosmique est tout simplement le réel.

Souvent la démarche spirituelle est fortement teintée d’imitations. Nous oublions que nous avons à trouver ce dont l’autre témoigne. C’est bien d’un retournement du regard dont il s’agit et non de regarder vers un « ceci divin » plutôt que vers un « cela profane ».

Et en effet, étudier la voie du Bouddha c’est s’étudier soi-même. Etudier la voie de Jésus, c’est s’étudier soi-même. Ainsi de chaque voie.

Mais que signifie s’étudier soi-même ?

C’est oser voir comment ça marche, ici, sans plus ni bien, ni mal, comme le chirurgien ouvre le patient l’esprit totalement clair, le cœur au repos.

Pour cela il faut qu’une part de la conscience se soit désidentifiée, au moins partiellement, de l’identité « moi, je suis ceci, cela » sinon la vision ne pourra pas être claire en demeurant juge et partie, même s’il ne s’agit absolument pas de jugement ici.

Donc dès le commencement il s’agit de commencer à se quitter en se distanciant.

Comment ?

En étant illuminé par les dix milles Dharma, c’est à dire par le réel.

Décider de quitter son monde pour être dans le monde.

D’où la nécessité de s’étudier pour découvrir que nous vivons dans notre monde et pas dans le monde et que cet état est la racine de la souffrance par le type de relation qu’il établit entre nous et nous, et nous et les autres.

Lorsque cette démarche devient notre vécu, nous constatons que « moi » commençant à s’effacer, « l’autre » perd de son altérité, à partir de la relation que nous avons maintenant avec nous-même. Le monde émotionnel et réactionnel, d’attractions et de rejets programmés, s’estompe.

Nous constatons aussi qu’un goût de vacuité heureuse commence à remplacer le monde borné « moi », dans les deux sens du terme, le sens géographique : un horizon borné, et le sens figuré : une conscience bornée. Par cette vacuité heureuse qui affirme « Je » sans rien d’autre, nous entrons en connaissance du goût du « moi ». Nous découvrons « Je » vacuité, espace/conscience, en lequel tout apparaît, « moi », « l’autre » et l’ensemble du manifesté.

Alors nous entrevoyons ce vécu où nous ne sommes pas encore :

Il ne reste plus de trace d’illumination, et cette absence de trace

Continue indéfiniment. »

Car qui laisse une trace impermanente, sinon « moi » ?

Et quelle est cette absence de trace qui continue indéfiniment, sinon « Je » ?

 

Lose Yourself Completely – YouTube

Swami Atmananda Udasin (Vidéo avec sous-titres en français)

 

Belle semaine

François

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Tout être humain connaît le sentiment de culpabilité : vivre avec un cœur rongé par un souvenir non accepté.

Une fois encore, avant de vouloir intervenir « sur », demandons – nous « qui » se sent coupable.

Et la réponse qui vient : « moi », est la bonne.

Nous voudrions tellement avoir été différent (e), nous voudrions tellement que cela ne se soit pas produit à travers nous.

Voir cela, peut devenir source de réconciliation.

Pourquoi ?

Parce-que nous voyons notre souffrance sous ses deux aspects : l’image que nous ne pouvons accepter de nous-même et la souffrance causée à l’autre.

L’incapacité à accepter ce que nous sommes est le point essentiel à « creuser » car si la même chose se produit chez notre voisin, nous sommes beaucoup moins touché ; constat.

Aucune souffrance en ce qui concerne l’impact de ce qui s’est produit sur l’image qu’à notre voisin, maintenant, de lui-même, bien heureux si aucun jugement n’apparaît pas dans notre conscience, et beaucoup moins de souffrance, pour ne pas dire plus, en ce qui concerne les conséquences de cet acte sur une personne que nous connaissons, au mieux, de très loin.

Alors un « voir » peut commencer à poindre.

La culpabilité est juste une affaire entre moi qui voudrait être autre, et moi qui est ce que je suis. La culpabilité, n’est pas une entrée en conscience, mais une blessure du moi, de l’ego, comme l’orgueil n’est qu’une enflure de l’ego. C’est un amour-propre mis à mal. C’est un ego mis en question, parfois vitalement.

Pourtant la souffrance que crée la culpabilité peut, elle, devenir le cheminement vers l’au-delà de l’amour-propre blessé ; alors elle devient le lieu même d’un « voir ». Quand la souffrance est telle que nous ne pouvons plus lui échapper, le regard se retourne, beaucoup plus profondément, non plus sur les souffrances du moi, mais sur le fonctionnement même du moi, et sur sa formation : les strates d’identifications successives, de situations appropriées (le : ce qui arrive devient ce qui m’arrive). Nous découvrons alors le point de vue « moi » qui est lui la seule cause à notre souffrance et à celle causée aux autres.

Cette vision est amère de « goût », mais il n’y a là aucune culpabilité : juste une entrée en conscience qui provoque une entrée en saveur à partir du « Je » témoin, alors que nous ne connaissions que la saveur du « moi » identifié, fusionné.

Le jugement s’éteint, le point de vue disparaît, l’espace/conscience que nous sommes reçoit le réel, « sans en prendre livraison » et pourtant en y étant intensément présent.

Cet instant est « le petit satori », la lumière qui nous fait prendre conscience de la nuit dans laquelle nous vivons, de l’autre que nous n’avons jamais vu, même si nous vivons toute une vie à ses côtés.

Alors la pratique se fait d’elle même dans la présence à cet espace/conscience que nous sommes, et qui est sans arrêt interpellé par le mental (expression du moi identifié) comme Ève tentée par le serpent.

Le mental sait très bien que c’est sa peau qu’il joue s’il ne parvient pas à nous faire vivre à nouveau dans un passé qui n’existe plus, un avenir qui n’existe tout simplement pas, à nous transporter constamment « là-bas » pour que nous ne puissions pas être ici, lui qui nous voit découvrir et apprendre à connaître la saveur heureuse ou difficile de l’instant, en lequel il n’est pas et ne peut être.

Je vous propose une vidéo sous-titrée en Français. Sur youtube vous avez en bas de la vidéo une barre d’outil avec une petite icône rectangulaire pour activer les sous-titres. (passez la souris quand vous arrivez sur la bonne icône le mot « sous-titres » apparaît. Lorsque vous cliquez dessus, une barre rouge souligne l’icône. Lorsque la barre rouge est visible, les sous-titres apparaissent.)

Unconditional Abidance – YouTube

Belle semaine

François

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