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Archive for the ‘Nouvelles’ Category

Le Un, le Non-Deux

La difficulté n’est pas dans un terme ou un autre mais dans « le percevoir » la résonance de ces mots en notre âme. Oui en notre âme, car c’est bien au cœur du psychisme que les mots, dans un premier temps, nous atteignent, au deux sens du verbe atteindre : rejoindre et toucher.

Lorsque nous laissons ces mots vraiment nous rejoindre, alors ils révèlent en nous un certain son, un certain goût, et nous sommes « touché ».

Chaque mot doit devenir clair en notre conscience afin de nous aider à nous situer. Il me semble que pour qu’ils nous guident, nous devons être présent, afin que le mot exprime une vision ici, au lieu de faire imaginer un « là-bas » qui n’est pas « ici ».

Jusqu’à présent le « Un » exprimait pour moi la vacuité, le Je Suis. Très récemment le « Je Suis, la vacuité » s’est exprimé en « Non-deux ».

Le Non-deux n’est ni « Un » ni « deux ».

Il est l’œil qui voit sans être un « point de vue ».

Il n’y a rien entre ce qui voit et ce qui est vu. 

         Ce qui est vu n’est ni autre, ni Je.

Tant qu’il y a un point de vue, même ouvert et transparent, ce point de vue « appréhende et sépare »

         Une fois encore ce voir nous permet de ne pas rêver, de connaître « là où je suis », en découvrant que « ce que je suis » détermine « là où je suis » et non l’inverse . Et ce que je suis dans l’instant ne peut être autre. Il est juste là pour être connu. Nous ne pouvons décider de la disparition du point de vue. Le connaître, par contre, est notre part, notre responsabilité. En connaissant là où nous sommes, nous laissons la place à la grâce.

La grâce nous ramène chez nous dans la mesure même où, nous connaissant ici et maintenant, nous savons où nous sommes.

         Belle semaine

         François.

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Ne cherchez pas la racine des choses,
Cherchez la racine de l’esprit !
Quand vous aurez trouvé la racine de l’esprit,
Vous ne connaîtrez qu’une chose, mais par elle tout se libérera.
Si vous échouez à trouver la racine de l’esprit,
Vous saurez tout mais ne comprendrez rien.

 

cité dans Petites instructions essentielles de Dudjom Rinpoché, p 73

Belle semaine

François

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Le battant n’est pas la cause de la qualité spécifique du son renvoyé par telle cloche. En frappant la cloche, le battant révèle le son qu’elle est. Il ne fait que la révéler. Par lui, ce qui est latent au cœur de la cloche, devient patent. Et s’il n’y a pas de cloche, le battant ne produira aucun son, quel que soit l’amplitude de son mouvement. Ainsi le battant qui frappe la cloche permet à la cloche de se connaître.

Le révélateur n’est pas la cause de l’image qui apparaît sur le papier photographique. Le révélateur révèle ce qui est latent au cœur du papier photographique. Il le révèle tel qu’il est. L’impression spécifique que le papier photographique a emprisonnée, le concerne, lui, et lui seul. Un papier photographique qui ne s’est pas laissé impressionné peut séjourner indéfiniment dans le révélateur, aucune image n’apparaîtra, quel que soit le révélateur employé. Ainsi le révélateur permet au papier photographique de se connaître.

De même, l’autre (personne situation etc.) n’est jamais la cause de nos émotions, de nos ressentis, de nos pensées, de nos actes. L’autre ne fait que nous révéler à nous-même. Il réveille ce qui est dormant au cœur de notre cœur. L’autre joue le rôle du battant de la cloche, ou du révélateur, et nous, nous sommes la cloche ou le papier photographique.

Pourtant nous accusons constamment « l’autre »  : si je sonne ainsi c’est à cause de toi. Si je montre telle image de moi, c’est à cause de toi. Si je fais ça, c’est à cause de toi. Nous ne voyons pas que l’autre nous révèle tel que nous sommes aujourd’hui. Qu’il ne peut rien révéler qui ne soit déjà là en nous. Et l’autre ne voit pas que nous ne sommes pour lui que le battant qui le révèle. Que nous ne pouvons rien révéler de lui, qui ne soit déjà là en lui. Ceci est la cause du monde « de pleurs et de grincements de dents » que nous connaissons. Mais voir cela c’est mettre la responsabilité de ce que nous sommes « ici », et cela nous n’en voulons pas. Nous préférons accabler l’autre de ce dont nous sommes seul responsable.

Quand Jésus dit : « Ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugé » ce n’est pas une injonction morale, il parle de cette réalité.

Nous nous sommes identifiés à une image, à des situations qui sont devenues notre histoire, et cette identification nous permet de dire je suis « moi ». Et « moi » devient le point « aveugle ».

Si nous ne sommes pas responsables de ce que nous sommes, d’être né garçon ou fille, dans tel ou tel pays, nourris de telle ou telle culture, dans tel milieu familial, nous sommes responsables de nous être identifiés « à ». L’identification est ce qui nous permet de passer de : « Être » à « être moi ». Quand « moi » commence à être vu pour ce qu’il est, ce point aveugle « moi » commence à devenir transparent et la Vie se révèle à nous en toutes ses formes et se dit dans un même et unique « Je » sans « moi ». Alors le chemin du retour commence de « je suis moi » à « Je Suis ».

 

Belle semaine

François

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La forme est toujours manifestation de son origine

La saisie de la forme est toujours altération de l’origine de la forme

Si une forme manifeste le divin, sa saisie génèrera tôt ou tard une altération proportionnelle à sa qualité divine.

De là, toutes les inquisitions et djihad.

Paul Galbraith – J.S.Bach Suite No.4, BWV 1010 in Eb (trans. C) – YouTube

Belle semaine

François

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Le but et la vie spirituelle.

Dans l’existence le but nous permet de savoir vers quoi l’on va. Cette notion est donc très utile pour réaliser nos projets.

La vie spirituelle nous est souvent présentée sur le même mode, et le but c’est Dieu. Et là, il risque fort d’y avoir anguille sous roche !

« […] Lorsque vous vous accrochez à une position, la tenant pour vraie (une entreprise irritante et totalement épuisante), cela obscurcit votre capacité à voir la nature fondamentale de l’esprit.

En résumé, le fait même d’affirmer votre propre approche philosophique et de vous y accrocher obscurcit la vraie nature de l’esprit, cela même que vous essayez de réaliser.

Le problème, c’est la « saisie », ce préjugé /biais en faveur de votre propre point de vue, de votre propre façon de comprendre. »

Khenpo Tsultrim Gyatso

Qu’est-ce qu’un tel constat a à voir avec ce qui précède ?

La quête spirituelle, en son point de départ, commence avec un but non connu mais décrit par d’autres. Cette description, dans sa forme, varie d’une culture à une autre, d’un pays à un autre, d’une époque à une autre.

Celles et ceux qui se sont réalisés à travers les différentes voies utilisant différentes formes nous mettent tous en garde, ainsi Khenpo Tsultrim Gyatso :

« On peut fort bien s’accrocher à n’importe quelle doctrine philosophique en considérant le système de notre propre école comme seul valable, sans voir que toutes les doctrines ne sont que de simples constructions conceptuelles, un vaste réseau d’étiquettes.

Nos affirmations sont basées sur l’attachement à notre propre position philosophique; »

Khenpo Tsultrim Gyatso

Chaque voie est précieuse car elles recèlent toutes une possibilité de découvrir ce qu’elles pointent. Et chaque voie est un piège car elles recèlent toutes la possibilité de s’en faire une identité ; elles deviennent alors les oripeaux dont s’habille le moi, tandis que ce même moi se croit alors drapé d’or.

Plus la vie spirituelle s’approfondit, plus la notion de but disparaît.

Pourquoi ?

Parce-que la spiritualité, à travers toutes les voies et les religions, nous fait revenir à ce que nous sommes. Plus le but est « là-bas », plus nous en sommes loin ! Plus nous nous rapprochons de ce que nous sommes, plus le but disparaît !

La spiritualité non pervertie mène toujours celui ou celle qui la vit de la dualité « moi/l’autre » au Un.

Henri Le Saux (Swami Abhishiktananda) constate :

« Il n’y a pas de place en moi pour Dieu et pour moi à la fois.
S’il y a Dieu, je ne suis pas
S’il y a moi comment Dieu pourrait-il être ? »

Ainsi le cheminement spirituel ne se fait-il pas d’un ici vers un ailleurs, d’un maintenant vers un plus tard, d’un moi étant ceci ou cela, vers un moi autre. Il se fait au cœur de l’instant dans la vision de ce qui est ici, en ce que je ressens comme moi, au cœur de ce qui arrive et que je perçois comme m’arrivant. Laisser tout là où c’est et peu à peu entrer dans le goût de l’espace que ce « laisser tout là où c’est » révèle. Voir la pensée, l’envie d’action, qui apparaissent au cœur de se dessaisissement, en ressentir la nature, et les actualiser ou non, sans s’y mêler, sans les jeter hors de « ma » conscience.

Rendre peu à peu à « Je » la place que lui a volée « moi ».

Re-devenir cet espace d’accueil en lequel tout peut apparaître, tout peut demeurer le temps de sa manifestation, mais que rien n’oblige et contraint.

Et n’oubliez pas d’ouvrir ce lien (surlignez, puis clique droit, puis ouvrir dans un nouvel onglet).

https://www.dropbox.com/s/d61g7am4imkm15s/DB%20Un%20cadre%20de%20vie%20o%C3%B9%20tout%20peut%20entrer1%20%28Conflit%20li%C3%A9%20au%20codage%20Unicode%29.mp4?dl=0

Belle semaine

François

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Ce thème est intimement lié à celui évoqué par lompö Tensin Namdak dans le précédent petit caillou 295 :

 

« Afin de reconnaître clairement l’état naturel, vous devez retourner le regard sur vos pensées. Lorsque vous pratiquez ainsi, vous réalisez qu’à la fois celui qui regarde et l’objet qui est regardé disparaissent simultanément.

Si vous observez attentivement ce qui se passe à cet instant, vous verrez qu’en vérité, vous ne pouvez absolument rien trouver. Il n’y a rien là. Cependant, vous ne tombez pas dans un état d’insconscience. Au contraire, si vous regardez très attentivement, vous allez voir que cet état est plutôt clair et lumineux. Il est impossible de le décrire car il transcende toute description et parce que le langage est fondamentalement conditionné.

[…]Lorsqu’elle commencera à se stabiliser, vous remarquerez que les pensées impures ne surviennent pas comme elles le font d’habitude et vous verrez qu’elle se purifient naturellement d’elles-mêmes. Ces pensées impures deviendront de plus en plus rares, jusqu’à ce qu’elles soient complètement pacifiées dans l’état naturel. »

 

Du fait de notre civilisation judéo-chrétienne, en occident l’impur est souvent fortement centré sur la sexualité et les pensées qui y sont associées. Pourtant, ce que je vois « ici » en cet état naturel, même si l’ego, « moi » est encore là et bien là, c’est que le pur et l’impur ne concernent pas les formes que prend la Vie en sa manifestation.

Le pur c’est la Conscience en son Origine, qui se célèbre Elle-même à travers le manifesté. Etant Une sa manifestation est ce qu’Elle est : Amour, Vie qui se vit, fraîcheur, réponse attentionnée à chaque partie manifestée qu’Elle Est.

L’impur c’est l’identification de la conscience à une partie manifestée, point de référence à partir duquel l’autre ne peut être perçu qu’en tant que gain ou perte, favorable ou défavorable à cette partie. Cet vision duelle se manifeste par le mental qui est la somme de tout ce à quoi nous nous sommes identifié – histoire, imprégnation d’influences multiples etc. – autant de programmations qui nous donnent accès à la dualité « moi/l’autre ». Alors l’autre devient l’objet du mental, et le mental devient le sujet omniprésent et omnipotent ; le mental voile la vue de ce qui est, par lui les mots ne sont plus le simple reflet de ce qu’ils désignent, mais l’idée que le mental en a ; il nous exile de la saveur et nous enferme dans la représentation ; l’amour devient « ce que j’aime » et crée son opposé en nous obligeant à haïr ce que nous n’aimons pas. De même pour tout ce qui est pensé, fait, ressenti. C’est un monde clos sur lui-même, qui se pare de tous les atouts possibles, comme la fleur carnivore s’embellit et se parfume pour se nourrir de ce qu’elle attire.

« Aime et fais ce que tu veux » décrit l’état naturel, la Conscience vide de moi, et certainement pas « je fais ce que je veux, où je veux, quand je veux ; je suis le prédateur qui s’autorise tout et n’importe quoi ».

Le pur et l’impur se résument juste à la Conscience vide de moi, et à la conscience à partir de moi. Et le chemin consiste à vivre consciemment « comment » ça passe de l’Un à l’autre, comment ça retourne de l’autre à l’Un.

Belle semaine

François

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Sans rien dévoiler de cette vidéo, deux points ne sont pas soulevés, concernant l’image très juste sur laquelle elle s’achève, en tous cas  tel que je vois l’être humain « ici » ; et ce n’est pas une pensée, mais bien un constat au cœur de l’échantillon humain que je suis.

Nous ne sommes pas la cause de la terre aride ou fertile que nous avons reçue, et que nous avons à travailler tout au long de notre vie.

Nous ne sommes pas la cause des qualités que nous avons reçues et que nous manifestons en cette vie (ce que nous sommes relativement – intelligence, endurance, intérêt, capacités etc.) ; c’est comme au poker ; nous n’avons pas tous les mêmes cartes.

Alors oui, servons la terre, aride ou fertile, que nous avons reçue, et permettons au jardinier qui porte notre nom en cette vie d’utiliser au mieux les qualités qu’il a reçues, petites ou grandes, en naissant ici ou là. Et si, dans la loterie de la vie, nous avons gagné le gros lot (une terre fertile et arrosée où tout pousse, un jardinier hyper compétant et efficace), n’en concluons pas pour autant que nous ne le devons qu’à nous-même. Découvrons « ici’ comment tout ça marche ! »

Cliquez sur ce lien :  https://vimeo.com/161628377

Belle semaine

François

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