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Archive for the ‘Nouvelles’ Category

        Dans les années 1985 nous sommes allés à Médjugorje. La réponse que m’a faite Vicka à une question a mis plusieurs années à être intégrée, tant elle était abrupte ! quant à sa neutralité, sa force, son amour sans affect, alors qu’elle était si jeune, ils m’ont laissé une trace profonde.

         C’est aujourd’hui une vidéo sur une apparition à Mirjana, autre voyante de Médjugorje, que je vous propose. Son vécu est bien différent de celui de Vicka, toujours rayonnante.

         Cette apparition à Mirjana m’a plus que touché (sur la vidéo, l’apparition proprement dite commence à 13mn 54) ; Elle est la mise en image du « Que Ta volonté soit faite et non la mienne » de Jésus, du « Oui à ce qui est ». Mirjana nous montre ces instants où nous sommes confronté à la limite de capacité d’ouverture de notre cœur devant ce qui est reçu. Il y la souffrance qui s’intensifie,  puis le non (que montre les mouvements de tête), puis le « oui » que montre la détente du visage, la lumière qui emplit à nouveau le regard de l’âme. C’est bouleversant de voir un coeur qui passe du non, de la fermeture, de la peur, au Oui, à la confiance sans cause ni raison, quand l’homme ose enfin se donner. Cette vidéo donne l’envie que le coeur puisse un jour dire oui à tout.

Belle semaine

François

Medjugorje Mirjana`s apparition December 2014 – YouTube

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Ce témoignage parle avec ses mots du « être un avec » souvent entendu sur d’autres voies.

         Chaque voie a son langage, son angle de vision. Mais dès que notre voie nous fait franchir les mots et nous plonge dans ce que le mot ne peut ni décrire, ni nous montrer, ni nous donner, alors tous les croyants, tous les disciples se retrouvent, communient, et vivent « le Même » en leur cœur. Cette saveur intérieure du vivre est le seul point en lequel nous nous rencontrons.

         Passer au-delà des mots dans l’épreuve ne peut se faire qu’en laissant le mental et ses « pourquoi ?» si trompeurs, parce qu’occultant le simple « c’est » et sa capacité à nous rendre vide de nous-même.

         Le comment passer au-delà peut aider, pas le pourquoi. C’est comme un plat que l’on découvre chez des amis ; le pourquoi as-tu préparé cela ne nous donne pas la recette.

         Si l’expérience primait sur le penser, la reconnaissance de l’autre et de sa voie serait évidente, sans l’ombre d’un plus ou d’un moins. Mais voilà, l’homme croit qu’il connaît ce qu’il pense, et à partir de cette pensée regarde et pèse.

Témoignage D’Anne-Dauphine Julliand :

Pourquoi vouloir trouver du sens au mal ? Pourquoi courir les explications ? Le mal n’a pas de raison ! Il rôde, tapis en embuscade, il guette puis frappe et déchire ce qu’il peut. Le mal se combat, et toi Seigneur tu nous en donnes la force.

 « D’une foi confortable, je suis passée à une confiance inébranlable »

Anne-Dauphine Julliand, journaliste, auteur du livre Deux petits pas sur le sable mouillé (Arènes) et du film Les mistrals gagnants (2017).

            J’avais une foi tranquille issue de l’enfance. Lorsque j’ai appris la maladie de notre petite Thaïs âgée de deux ans, puis peu après, qu’Azylis que j’attendais alors, était atteinte du même mal, ma foi aurait pu voler en éclats. En décidant, avec Loïc, de refuser de nous interroger sur le pourquoi de la souffrance de notre enfant, j’ai pu résister à la révolte et au néant. Je voulais être présente auprès de Thaïs jusqu’à l’échéance ultime, alors j’ai accepté de ne pas pouvoir changer les choses. Était-ce de la sagesse ? Je pense que c’était surtout un instinct de survie pour ne pas sombrer psychiquement.

     Ma relation à Dieu a alors évolué. Il m’a été donné de passer mystérieusement d’une foi confortable à une confiance inébranlable. Elle est devenue semblable à un petit enfant, avec la confiance que cela suppose. De ce lâcher-prise ont émergé des forces pour consentir à continuer à vivre pleinement.

         La foi dans l’épreuve n’est ni une fuite, ni une consolation. Le croyant est tout aussi brisé que l’agnostique par la mort de son enfant. Si ma foi m’accompagne dans tous les gestes de ma vie, cela ne m’empêche pas de vivre humainement les épreuves. Je peux juste dire que grâce à ma foi, ma souffrance s’arrête à la limite du désespoir, et peut-être que j’aime mieux qu’avant. Chaque enfant est unique. Avec Azylis, nous vivons autre chose. Je crois que le plus difficile, c’est de ne pas savoir. Mais sa joie de vivre est tellement intense qu’elle nous donne envie d’avancer. Pour moi, la foi, c’est cela : vivre du mieux que l’on peut ce qui nous est donné aujourd’hui, et être dans la confiance pour demain. Parce que je sais qu’Il sait.

           Puisque nous sommes à la veille de Pâques :

The Choir of Claire College, Cambridge, Timothy Brown

     Belle semaine

     François

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Dudjom Rinpoché

 

« Quelles que soient les perceptions qui s’élèvent, soyez comme un petit enfant qui entre dans un temple magnifiquement décoré : il regarde, mais sa perception est dénuée de toute saisie. Ainsi, laissez toute chose intacte dans sa fraîcheur, son naturel, son éclat et sa nature immaculés. Quand vous la laissez dans son état originel, sa forme ne change pas, sa couleur ne s’affadit pas et son éclat ne se ternit pas. Ce qui apparaît n’est souillé d’aucun attachement ; ainsi, tout ce que vous percevez s’élève comme la sagesse nue de Rigpa, l’union indicible de la luminosité et de la vacuité. »

 

Dudjom Rinpoché cité par Sogyal Rinpoché in Le livre tibétain de la vie et de la mort page 226 

Editions de la Table Ronde octobre 1993

 

Rigpa

 

« La voie du Dzogchen commence là où la plupart des chemins spirituels s’achèvent, par la vue de la nature de son esprit (Rigpa). Si un aperçu de cette nature, de cette vue, est obtenu, alors la voie, le chemin, peut commencer.

Rigpa est un état de présence claire et éveillée qui transcende l’esprit pensant ordinaire… Si l’étudiant reconnaît sur l’instant cette présence vide et lumineuse, sans aucun attachement ni concept, on peut alors parler de Rigpa. Cette reconnaissance de la vue, si fugace soit-elle, est indispensable au développement de la pratique, car sans savoir de quoi il s’agit, comment pourrait-on développer la présence de Rigpa ? La pratique ne vise en effet qu’un seul but : stabiliser la vue et augmenter le pouvoir de Rigpa afin qu’il imprègne progressivement tous nos actes ».

 

La liberté naturelle de l’esprit de Longchenpa, Editions Points Sagesse

 

Belle semaine

François

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Nous continuons d’entendre Nisargadatta Maharaj. Extraits du livre « SOIS » (les deux océans)

Maharaj : « Je récapitule : par cette conscience apparue sur votre nature originelle, vous avez connaissance de votre esprit, de l’activité de vos pensées. C’est la base d’où vous pouvez agir, mais cette information « je suis » se fatigue. Son activité se fond dans l’information initiale – ce qui a dit « je » – qui, elle-même, se dissout dans un état que vous appelez sommeil profond. En état de veille, il vous est possible de comprendre le sommeil, mais vous possédez une connaissance directe du sommeil profond. Cet état particulier est le dernier état et vous n’avez aucun besoin de le comprendre. Si vous comprenez la conscience et sa capacité à percevoir tout ce qui existe (l’esprit et son activité inclus) cette compréhension est suffisante parce qu’en atteignant le sommeil profond les deux états se dissolvent dans l’état véritable.

         Cela, vous n’avez aucun besoin de le savoir. C’est Parabrahman, la Réalité suprême. Il est Un, Total, Indifférencié. Il ne peut rien dire, il est inconnu, on ne peut l’évoquer, aucun nom, quel qu’il soit, ne peut lui être donné. De cet état surgit l’information « je suis ». La conscience apparaît sur cet état et, avec elle, le monde. Vous vous mettez alors à agir, l’esprit, l’intelligence, tout se met en mouvement. Retournez à l’état premier, au point où l’activité intelligente se fond dans l’information primordiale « je suis la conscience » qui, elle, ultimement, se perd dans cet inconnaissable, c’est tout. C’est cela qui est votre état véritable et ce trajet s’effectue chaque nuit, c’est votre expérience quotidienne. Vous n’avez besoin d’aller nulle part, ni de lire aucun livre, vous le vivez tous la jours.

         Je reprends. Vous possédez une information affirmant que vous êtes ceci ou cela, vous venez m’écouter, votre esprit travaille, bourdonne d’idées, de choses à faire. Le soir, fatigué, l’ensemble de vos activités du jour se résorbe dans la seule information : «  je suis monsieur ou madame X » et cette information se dissout dans le sommeil profond en un inconnu, un inconnaissable. Cela s’appelle nivritti ; nivritti est l’êtreté à l’état pure, l’état véritable, ce que vous appelez repos lorsque vous serez à nouveau réveillé.

         Ou bien vous êtes un dévot se consacrant à l’adoration de Dieu. Par cette dévotion, vous allez comprendre cette conscience qui dit « je », apparue sur ce qui est vous. Ce que vous adorez en fait c’est ce qui dit « je » en vous. Quand votre dévotion est devenue une avec votre conscience – ce qui est l’état d’amour – alors vous êtes devenu Dieu Brahma. Donc,  la véritable connaissance est attribuée à Brhama, pas à vous. C’est uniquement parce que vous n’êtes pas séparé de Dieu que vous pouvez devenir un avec Lui.

         Voilà une différente façon d’exposer le même processus de découverte de la réalité. »

 

         Visiteur : « Mais nous avons besoin de guides. »

 

         Maharaj : « Dans l’état véritable, vous n’avez besoin d’absolument rien. Mais du moment que « je suis » est apparu, tout vous est nécessaire. Vous voulez tout parce que vous aimez ce « je » évoluant dans la conscience. Derrière toutes vos activités, il y a cette notion de présence. Et il y a surtout le souci d’être heureux parce que le sens du plaisir est présent. C’est la chose la plus importante que vous connaissiez. Vous voulez supprimer tout ce qui est désagréable pour ne rassasier que votre besoin de plaisir rattaché à cette conscience qui dit « je ». Si elle est là, vous voulez le monde, si elle n’est pas là, vous n’avez besoin de rien.

         Toutes vos actions en cette vie sont motivées par la sensation de plaisir que recherche cette conscience. Et elle veut que cet état se prolonge le plus longtemps possible. Votre besoin de prières, de rituels, n’a pas d’autres causes. Vous les pratiquez seulement pour satisfaire ce « je », pour lui faire plaisir. Toutes vos actions sont exercées de façon à le satisfaire mais dans votre état véritable de quoi auriez-vous besoin ? Rien ? Vous êtes comblé, entier, indifférencié, rien ne peut vous être demandé. Mais la conscience apparaît et vous devenez un mendiant misérable.

         Quel est le plus pressant désir de ce « je » qui a surgit de vous ? L’espace entier devrait être constamment rempli par quelque chose, voilà sa demande. »

 

         Visiteur : « Par l’amour ? »

 

         Maharaj : « Quand on a compris la nature du désir, on sent les désirs s’en aller et on se sent vide, c’est ce que vous voulez dire ? »

 

         Visiteur : « Oui »

 

         Maharaj : «  Qui dit que vous êtes vide ? Votre conscience cérébrale vous renseigne sur ce vide parce qu’elle était le contenant de tous ces désirs. Non ? Comment constatez-vous ce vide ? »

 

         Visiteur : « Par une sensation »

 

         Maharaj : « Ressentir est attribut de la conscience cérébrale, cette conscience devient vierge et elle s’éprouve vide. Quel est ce vide ? Allez au-delà de cette conscience et découvrez par vous-même si l’on est plein ou vide. Devenez-le, parce que pour l’instant, vous ne vous situez qu’au niveau cérébral. Vous avez analysé la nature du désir à l’aide de votre esprit pensant et, dès que vous avez pu l’observer, il s’est effacé. Qui perçoit cela ?

         Je reprends : cette conscience cérébrale a compris et le désir a disparu, elle est vierge et ne peut plus comprendre parce que tout ce qui relève du cérébral ne peut que reconnaître ce qui est déjà connu, alors que votre état véritable est inconnu. Cet intellect, encore une fois, ne peut établir aucune distinction, ne peut pas comprendre et, malgré tout, il n’est pas surface vierge. Quoi qu’il puisse être, il occupe ce vide. »

 

         Visiteur : « Cet esprit paraît être une sorte de transition. »

 

         Maharaj : « Cela aussi est une pensée. L’intellect est l’instrument qui vous documente. Quand il ne distingue plus aucune forme, il n’a plus rien à comprendre. Donc, il vous informe que tout est vide mais ce vide est absolument plein de ce qui est et ce qui est – quoi que cela puisse être – est vous. Il n’est pas possible de faire un commentaire puisque, au niveau où s’expriment les choses, il ne peut être constaté que le vide. Ce qui Est véritablement est un inconnu, aucun mot ne peut être employé.

         Être dans cet état est suffisant. À vous de voir si vous êtes plein ou vide ou s’il y a quelque chose qui puisse déclarer si c’est plein ou vide. Le vide ne peut être qu’une appréciation au niveau cérébral. Or, ce que décrit le cérébral fait partie du connu qui ne peut correspondre à la réalité. »

 

         Visiteur : « Il faut continuer à éliminer ? »

 

         Maharaj : « C’est la seule chose possible et cette élimination doit se poursuivre tant que l’ignorance demeure. Ressentir qu’il n’y a plus rien à éliminer est suffisant. Tant que vous ressentez en vous la dualité, vous éprouvez le besoin d’éliminer, mais qu’y a-t-il à éliminer ?

         Tout ce que vous éliminez fait partie de l’irréel, donc vous découvrirez un jour qu’il n’y a rien éliminer. Que faites-vous en fait ? Vous éliminez l’obstruction, ce qui empêche votre compréhension, l’ignorance. Autrement, qu’y a-t-il à accomplir ?

         Vous êtes la lumière. Votre nature est lumière qui se produit d’elle-même. Vous êtes seulement lumière. Il n’y a plus d’apparence de plein ou de vide. Vous êtes pur satchitananda (être – conscience –félicité) et satchitananda ou vide sont finalement la même chose. Satchitananda devient un attribut. Comment pouvez décrire cet état ? C’est impossible. Donc, satchitananda est seulement un état de conscience et il ne peut être éternel, comme cet état de vide éprouvé par la conscience. La conscience a l’habitude de se tenir dans le passé et dans le futur, avec l’aide de la mémoire elle peut projeter quelque chose. Là, plus rien n’est projeté, donc elle constate une absence un vide. Si vous ne pouvez pas vous détacher de ces projections, vous demeurez dans l’ignorance et alors faites ce que vous avez de faire, cela ne me regarde pas.

         Comme vous aimez les mots, comprenez ceci : ce que vous appelez vide est plein et tout ce qui vous paraît plein dans le domaine des apparences est vide. Il vous faut comprendre la plénitude du vide, c’est votre état véritable. »

 

        

         Rencontre de l’expérience chrétienne et de l’expérience védantine :

 

        

         Maître Eckhart parle Lui de cette Réalité suprême dont rien ne peut être dit, inconnue, qu’on ne peut évoquer, à laquelle aucun nom, quel qu’il soit, ne peut être donné. Il nous décrit ce « lieu », au coeur de notre cœur,  « le petit château fort dans l’âme » :

         «  […] mais je ne vous ai pas dit ce qu’est ce petit château fort. […]

 

         Il est aussi absolument un et simple que Dieu est un et simple, de sorte que l’on est capable selon aucun mode d’y regarder. »

 

         « Cette même puissance […] dans laquelle Dieu fleurit et verdoie avec toute sa divinité […]

Voyez, notez-le  bien ! Si un et simple, au-dessus de tout mode, est ce petit château fort dans l’âme, […]que cette noble puissance dont j’ai parlé n’est pas digne de jeter une seule fois, durant un instant, un regard dans ce petit château fort, et l’autre puissance non plus dont j’ai parlé, dans laquelle Dieu arde et brûle avec toute sa richesse et tous ses délices, n’ose jamais y regarder ; si vraiment un et simple est ce petit château fort, si élevé au dessus de tout mode et de toutes les puissances est cet Un unique, que jamais puissance ni mode, ni Dieu lui-même ne peuvent y regarder. En toute vérité, et aussi vrai que Dieu vit, Dieu lui-même ne le pénétrera jamais un instant, ne l’a encore jamais pénétré de son regard […] car cet un unique est sans mode et sans propriété. C’est pourquoi, si Dieu doit jamais le pénétrer de son regard, cela lui coûtera tous ses noms divins et la propriété de ses Personnes. Il lui faut les laisser toutes à l’extérieur pour que son regard y pénètre. Il faut qu’il soit l’Un dans sa simplicité, sans aucun mode ni propriété, là où Il n’est en ce sens ni Père ni Fils, ni Saint-Esprit, et où il est cependant un quelque chose qui n’est ni ceci ni cela.[…]

Ce que je vous ai dit là est vrai, je vous en donne la vérité comme témoin et mon âme comme gage. »

 

                                               Maître Eckhar : « Être Dieu en Dieu. » Textes choisis et présentés par Benoît de Ryke. Editions points/Sagesses.

 

            Belle semaine

François

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De l’éveil à la nature de l’Esprit ; 3eme partie.

Ou l’au-delà du « conscient de »

Les extraits suivants sont tirés du livre « SOIS » de Nisargadatta Maharaj, aux éditions « Les deux océans ».

Visiteur : « Depuis ma venue ici, l’année dernière, mon jeu (métier : acteur) est devenu assez tendu parce que tout en jouant de manière habituelle, j’observe mon activité mentale. La plupart du temps l’activité mentale est automatique mais quand je l’observe les pensées paraissent provenir de quelque part. Elles arrivent simplement. Je ne peux dire comment mais je les vois. Il y a toujours une toile de fond devant laquelle sont les pensées. C’est comme le cinéma, le film sur l’écran. »

 

Maharaj : « Vous dites « un changement s’est produit, c’est différent » mais cela apparaît ainsi uniquement dans votre esprit, il s’agit seulement de modifications mentales. Rien ne change en vous parce que vous demeurez immuablement celui qui observe. Ce que vous avez observé l’année dernière et ce que vous observez maintenant est en soi identique. Les changements ne peuvent se produire que dans la conscience, c’est-à-dire au sein de l’activité mentale, des pensées, tandis que ce qui observe – quoi que cela puisse être – demeure identique, inchangé.

 

Visiteur : « Il me semble que durant l’année qui vient de s’écouler la fréquence d’observation s’est accrue. »

 

Maharaj : « Les pensées, l’esprit, tout cela est dans la conscience. Il vous a été possible d’observer les fluctuations de la conscience et la manière dont ces fluctuations se manifestent. Les modifications mentales ont été observées par la conscience parce que c’est en elles que les pensées apparaissent mais la conscience elle-même est observée par une chose qui elle ne change jamais.

         Sur ce qui est vous en réalité, est apparu ce qui dit « je ». C’est le seul savoir que vous possédiez. Ce savoir reçoit ensuite d’autres informations sur l’intellect, la manière dont il fonctionne dans le monde des formes. C’est grâce à lui que vous développez votre connaissance du monde au sein de la conscience. Cette conscience – ce qui dit « je » – est également observée mais par ce qui est immuable, l’état parfait. Je veux que vous retourniez à cette conscience, c’est-à-dire à ce « je » surgissant en vous. Observez le. Cette observation est possible en toutes occasions et vous verrez que cette conscience se transforme selon les états de conscience qu’elle abrite.

        Pour mieux comprendre, divisons arbitrairement cet ensemble en trois. Il y a l’intellect, il est observé par la conscience, deuxième terme – et puis il a l’état réel, le troisième qui, lui, observe la conscience et les transformations mentales ; il n’en existe aucune autre entre la conscience et l’état véritable. Votre véritable nature observe immuablement la conscience. Elle semble être supportée par cette conscience mais elle n’a en fait aucun rapport avec elle. Je veux que vous compreniez bien cela. Il ne peut exister de parenté qu’entre les deux premiers états et non pas entre eux et le troisième.

Visiteur : « Durant toute l’année dernière, mon seul objectif a été de demeurer conscient de l’activité cérébrale, de seulement l’observer. »

 Maharaj : « Ce qui dit : « Je demeurais conscient de l’activité cérébrale » est également conscientiel et nous venons de dire que la conscience est changeante. Cet ensemble est observé par votre état réel qui ne dit jamais rien, qui ne se transforme jamais. C’est là que je veux que vous arriviez !

Visiteur  : « Dans l’espace d’une journée, tout change dans le monde et nous demeurons séparés de la réalité »

Maharaj : Ce phénomène est très paradoxale, parce que n’étant en fait nullement séparé du réel vous vous sentez néanmoins divisé et, une fois de plus vous éprouvez le désir de la dualité. Il ne vous est pourtant jamais rien arrivé. Cette impression d’être séparé ne vous apparaît que dans la dualité et c’est à partir de cette dualité que vous souhaitez revenir en arrière ! Il vous faut considérer l’état conscience comme un seuil. Nous avons en Inde un dicton qui dit :

 

         «  Une extrémité est dans la rue, l’autre dans la maison. »

 

         La conscience – bien que n’étant pas la réalité – est l’unique instrument vous permettant de découvrir l’état véritable, sinon vous n’avez aucune possibilité de le comprendre. Donc, d’un côté la conscience touche la réalité, de l’autre elle touche Maya, l’illusion, et que faisons-nous ? Nous étudions toutes choses à partir de l’extrémité touchant Maya, ce qui rend totalement impossible la découverte de quoi que ce soit concernant l’autre extrémité. Il vous faut transcender, ce qui veut dire qu’il vous faut franchir le seuil, le dépasser. Comment ? Par la compréhension, c’est tout, et pour l’instant, vous ne pouvez le comprendre qu’intellectuellement. Soyez intimement convaincu que ceci n’est pas la bonne extrémité, comprenez le ; si vous l’avez compris, vous êtes déjà au-delà. Il n’y a rien d’autre à faire. Il n’y a rien de mal à avoir un concept, mais comprenez clairement que c’est un concept et vous l’aurez déjà dépassé.

         Il est indispensable que vous compreniez la nature de la conscience. Elle n’a pas les divisions que crée la psychologie moderne : ego, moi, soi, subconscient, inconscient etc. Il s’agit de divisions arbitraires ayant pour but d’appréhender le phénomène conscience. Une fois que vous l’avez compris que se passe-t-il ?

 Visiteur : «  Tout s’écroule. »

Maharaj : «  La conscience elle-même vous prouve l’irréalité de ces divisions. Tant que vous n’avez pas atteint ce point, vous argumentez, vous contestez, mais toujours du sein de l’ignorance. Vous avez lu des livres, rencontré des gens éclairés. Vous avez été élevé dans certaines traditions. C’est enfermé dans ce conditionnement que vous venez me voir. Si, dans ce que je vous dis quelque chose correspond à ce conditionnement, vous dites que je suis quelqu’un de merveilleux, sinon je vaux rien et vous consultez un autre Guru car vous éprouvez le besoin d’acquérir quelque chose.

         En fait, il n’est pas possible que je vous satisfasse car il n’est rien que je puisse vous donner et rien que vous puissiez recevoir. Vous existez sans identité, vous n’êtes rien ! Si seulement vous acceptiez une bonne fois pour toute : Rien n’est à donner, rien n’est à recevoir ! Mais il ne vous est jamais possible d’accepter le fait « je ne suis rien » et vous continuez à errer de ci, de là. Vous trouverez de gourous et il vous donneront des mots « Prempuri, Premshakti…»  Vous aurez changé un mot contre un autre mot, pas plus réel que le précédent, mais vous penserez : « Maintenant je vais obtenir la vérité ! »

         Mon Guru m’a seulement dit que j’étais la réalité, j’ai accepté ce concept et découvert que c’était vrai. C’est de là d’où je vous parle. Vous n’acceptez pas d’être l’unique Réalité mais vous acceptez votre personnalité qui va s’en aller d’ici assurée qu’elle a compris !

 Visiteur : « Comment cerner ce « je suis » apparu sur ce rien que nous sommes ? »

Maharaj : « Vos activités, vos pensées se poursuivent tout le long du jour. Cette activité est observée par la conscience se présentant sous la forme « je », « je suis ». La conscience observe, mais que se passe-t-il lorsque vous vous fatiguez, que le sommeil approche ? L’intelligence et ses activités se fondent dans la conscience. Ce « je » apparu en vous se perd dans la conscience comme un fleuve dans la mer et la conscience s’immerge dans un état que nous appellerons le solvant.

 

         La semaine prochaine : De l’éveil à la nature de l’Esprit ; 4eme partie.

         Belle semaine

         François

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De l’éveil à la nature de l’esprit 2eme partie

« Dieu réside en toute chose, et rien ne Le contient, sauf si une telle chose est Un avec Lui. Mais si celle-ci sort de l’unité, elle sort de Dieu et entre en elle-même, et devient alors différente de Dieu, en s’en séparant elle-même. Et voici que se manifeste la loi qui veut que toute chose doive re-sortir de soi-même pour retourner dans l’unité ou bien rester séparée de l’Unité. »

 

« Si tu demeures dans le repos du penser et du vouloir de ta propre existence, alors l’ouïe, la vue et la parole éternelles se manifesteront en toi, et Dieu entendra et verra par toi.

Ta propre ouïe, ton propre vouloir, ta propre vue, voilà ce qui t’empêche de voir et d’entendre Dieu »

Jacob Böhme 1575-1624  « DE la vie au-delà des sens ».

Comment ne pas entendre l’écho de ce même vécu décrit par H.W.L. Poonja, au cœur de l’Inde contemporaine

« L’état naturel spontané est toujours présent. Seule l’arrogance empêche d’en être conscient… L’homme qui en est conscient sait que tout se déroule naturellement de soi-même. Il ne revendique rien comme lui appartenant, pas même ses pensées… Si vous restez tranquille et laissez les choses venir d’elles-mêmes, vous découvrirez que « Cela » est toujours présent. Vous n’en êtres jamais éloigné, ni séparé…

Laissez la puissance suprême prendre en charge toutes vos actions et ayez conscience que c’est Elle et Elle seule qui les accomplit.

H.W.L. Poonja 13 octobre 1910 – 6 septembre 1977 « Rien ne s’est jamais passé » (Hindouisme, Non-dualité)

 

Belle semaine

François

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A chaque instant, Dieu, le Soi, la Vie, nous propose l’au-delà du moi.

Voici un petit film (film gagnant du festival du court métrage en Egypte) qui fait toucher du doigt ce que cherche à nous faire découvrir la vie. Regardez- le, puis revenez au petit caillou du jour :

Souliers112 – YouTube

 

« De l’éveil à la nature de l’esprit. »

      Une histoire zen raconte qu’un moine errant en quête de l’éveil, avait passé de très nombreuses années en pratiques intenses, allant de monastères en monastères… apparemment en vain. Un jour, au cours de ses pérégrinations, tandis qu’il traverse un pont de bois, son pied heurte un caillou qui va frapper le rebord en bois du pont. En entendant le son du caillou sur le bois, il rit : il venait de s’éveiller à la nature vide et lumineuse de l’esprit.

     Lorsque le fruit est mûr la nature de l’Esprit se révèle. Rien ni personne n’en est la cause, car ce n’est pas ce qui est rencontré qui par magie éveille, mais en nous « ce » qui rencontre. Est-ce « moi » ou l’au-delà du moi ? Ainsi ce beau témoignage.

 

 

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         « Reconnu comme l’incarnation de Chögyur Lingpa, Neten Chöling Rinpoche s’échappa du Tibet en 1959. Il passa ses dernières années dans l’Himachal Pradesh (Inde du Nord), où il mourut, après avoir fondé le Monastère de Chöling, à Bir.

Dans sa jeunesse, Neten Chöling fut un étudiant précoce, comme beaucoup de jeunes lamas incarnés (tulkus). Il devint excessivement fier de son savoir et de son intelligence. A cette époque, il étudiait et pratiquait sous la direction de l’un des plus grands lamas du Tibet oriental, Jamyang Khyentse Rinpoche, appelé aussi Chökyi Lodro.

Plein d’un orgueil juvénile, Neten Chöling décida d’aller à Lhassa, à de nombreux jours de cheval, pour avoir des controverses avec les geshé (docteurs) et les dialecticiens Gelugpa. Il leur en remontrerait à coup sûr !

Il fit les préparatifs pour ce long voyage. Son maître, Jamyang Khyentse, quand son disciple lui demanda, de façon formelle, sa permission et sa bénédiction pour son départ, lui dit : « Il est bien de partir, mais attends un peu. »

Quelques jours plus tard, Jamyang Khyense octroya une importante transmission de pouvoir dans le cadre du Vajrayana. Il se trouva que ce jour-là, Chöling Tulku souffrait de très douloureuses crampes à l’estomac. Quand le distingué Khyentse Rinpoche, au chef blanchi, marcha, avec sa dignité coutumière, le long de la rangée de lamas et d’incarnés importants, il plaça le vase sacré d’initiation en or directement sur la tête de Chöling, en signe de bénédiction… Puis, à l’étonnement général, il envoya un coup de pied dans le ventre du jeune tulku.
Chöling avait tant de gaz dans son estomac terriblement bouleversé, qu’il émit une flatulence forte et magnifique – chose qu’il ne convient guère de faire dans un temple, bien moins encore en compagnie spirituelle. Il est difficile d’imaginer la honte et l’embarras qu’il dut éprouver.

Khyentse Rinpoche braqua son index sur le visage rougi du jeune tulku, et cria : « C’est ça ! »

Parce que son mental fut, pour un instant, totalement dépouillé des fabrications conceptuelles, Neten Chöling s’éveilla d’une existence illusionnée, dualiste, semblable à un rêve, et reconnut la nature fondamentale de l’esprit.

Chöling Rinpoche lui-même raconta cette histoire, ajoutant que depuis lors, il n’avait jamais perdu cette profonde réalisation. Il ne fit pas non plus le voyage pour Lhassa, afin de participer à des joutes oratoires publiques ; il n’avait plus besoin de prouver quoi que ce fût à personne. »

Extraits de Contes Tibétains – Surya Das – Le Courrier du Livre

 

         Ce n’est pas le fait d’avoir pété violemment dans des circonstances particulièrement inadéquates qui a éveillé Chöling Rinpoche. C’est d’avoir été prêt à entendre le « C’est ça », c’est-à-dire l’origine « moi » du rougissement et de la honte, afin que le quitter « moi » survienne, au lieu que « moi » tente de sauver sa peau, en se confondant en excuses ou en tentant de se trouver des excuses dans l’état physique du moment.

         Tous nos efforts sont les signes avant-coureurs et non les causes. Et si nous rencontrons un sage auprès duquel ou de laquelle la nature de l’Esprit se révèle, c’est que le moment est venu pour que le retour à la maison se fasse. Aussi, dans toutes nos pratiques, nos accomplissements humains et nos rencontres avec des éveillés, souhaitons simplement ressentir la nostalgie de l’au-delà du moi, sans jamais nous attribuer un quelconque résultat ou une quelconque démarche. Juste demeurer témoin de ce qui se fait, de ce qui arrive. Quitter le vouloir, et être. Quitter le but pour ce qui est, afin de le connaître au lieu de le recouvrir de rêves dorés.

De nos jours, un homme incarne très concrètement le « quitter le vouloir, et être ».

Pierre Rabhi : ma (R)évolution intérieure – YouTube

Belle semaine

François

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