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Archive for the ‘Nouvelles’ Category

Du bien et du mal

 

La notion de bien et de mal est un écueil en elle-même ; elle change d’un individu à un autre, d’un pays à un autre, d’une culture à une autre, d’une époque à une autre.

Un certain « fondamental de surface » commun se dessine : quelques directives visant à préserver l’espèce ; et encore plutôt l’espèce à laquelle j’appartiens, et même plus encore la race, la communauté à laquelle j’appartiens !

Mais comment trouver en soi-même et par soi-même un goût du bien et du mal ?

Tout simplement en osant voir en soi-même « qui veut, qui pense, qui croit, qui juge etc. ».

Oui, découvrir le « qui » vit en nous à notre place.

Une démarche toute simple est de nous demander :

« Tout ce que nous avons fait chacun, chacune, depuis notre naissance, pouvait-il être autre ? »

La réponse que je vous donne est la mienne, simplement vue « ici » :

Non, tout ce qui s’est fait à travers l’organisme qui répond à mon nom s’est fait conformément à ce que j’étais à cet instant là. Pour cette raison les réponses aux situations rencontrées qui ont été données à cet instant ne pouvaient être différentes. Les « si j’avais su j’aurais », les culpabilités ou les auto-satisfactions, ne sont que l’expression d’une non vision du « comment ça marche », et plus encore, un mécanisme inconscient pour ne pas se voir tel que nous sommes, pour ne pas mettre en question la cause fondamentale.

Car ce constat : rien de ce qui s’est fait « chez moi » ne pouvait être autre , conduit immanquablement au constat : rien de ce qui s’est fait « chez l’autre » ne pouvait être autre.

Ce constat en lui-même n’est pas l’effet d’une surchauffe neuronale aboutissant à un concept original !

C’est le résultat d’une vision sans protection de sa propre intériorité.

Et que voit-on ?

Ce que nous faisons, pensons, croyons, est le consommé de ce que nous avons rencontré et dégusté ! de ce à quoi nous nous sommes identifié pour avoir « une histoire, des qualités, une image » ; nous sommes un être programmé condamné à juger de ce qui est bien ou mal à partir de ce à quoi nous nous sommes identifié. Cette programmation légitime tous nos actes, toutes nos pensées, tous nos combats, toutes nos croyances. Jusqu’au jour où nous osons nous voir.

Alors, au cœur de cette programmation s’insinue un virus salvateur : l’entrée en conscience.

Mais pas celle consistant simplement à moraliser nos actions en tenant un peu compte de l’autre ; sinon nous passons simplement d’une programmation à une autre, cherchant à améliorer notre image à nos propres yeux.

Nous touchons le sol solide du « voir » lorsque nous découvrons très concrètement que la sensation « moi, je suis moi » ne peut se faire sans programmation, ce que l’on nomme en termes spirituels : identification de la conscience à. « Je suis moi » ne peut survenir que par programmation.

Si nous osons voir vraiment, nous découvrons que « Je » n’est pas « moi ». Que « Je » se dit très harmonieusement sans « moi ». Encore faut-il oser au moins ponctuellement disparaître en tant que « moi » pour que « Je » soit goûté, savouré, et connu : « Je » est Conscience sans identification à ses contenus, pré-étant à toutes formes. Simple Espace/énergie/Conscience, contenant tout sans avoir besoin de rien, étant tout sans être rien.  

Alors quel lien avec le thème du bien et du mal ?

Le bien, Dieu, c’est simplement la Conscience non identifiée, le mal, le diable, c’est simplement la conscience identifiée. Ce que nous pouvons voir en nous-même c’est que nous nous sommes volontairement quitté en tant que « Je » afin de vivre la manifestation à notre profit, pour vivre la dualité « moi/l’autre ».

Alors se découvre en soi-même le sens de certaines paroles de sages semblant mettre sur un même plan les bonnes et les mauvaises actions. Un ego saint n’est en rien différent d’un ego pécheur, car l’ego n’est que la somme d’une programmation, l’identification d’une conscience à ; et « l’identification à » est la conséquence d’une volonté d’exister séparément, que ce soit en tant que saint ou en tant que truand. Les inquisitions et djihad de toutes sortes, laïques ou religieuses, en sont la forme visible. Bien sûr les conséquences sur le monde, sur l’autre, ne sont pas les mêmes. Seul le besoin d’être « moi » est le même. Or « moi » par nature se lasse de tout… il n’est pas stable. Mais tout cela ne peut être vu et connu qu’à travers la conscience identifiée, et seulement quand le rapport bénéfice/perte penche profondément du côté perte. Alors la Conscience commence à se retourner sur Elle-même et entre en connaissance d’Elle-même. Alors le chemin du retour commence du multiple vers le Un.

Voir cela en soi-même n’exclut pas l’effort d’être un peu plus aimant dès maintenant ; simplement lorsque l’œil se décille la source de tout acte apparaît :

est-ce un moi qui construit son image à partir de programmations rencontrées ou sommes-nous simultanément là où aucune programmation, aucune identification n’a jamais eu lieu ? Si nous sommes conscient de l’espace vacuité que nous sommes, nous découvrons que le monde, les pensées, les émotions apparaissent comme avant. Mais elles perdent leur pouvoir sur nous. Nous constatons que la conscience vacuité accueille et laisse passer, sans l’obligation d’actualiser. Ce n’est plus nous qui faisons ou pas, nous constatons que cela dépend de ce que nous sommes à l’instant. Soit nous sommes « moi » et nos actes sont conformes à ce « moi », sans aucune possibilité d’être autres ; soit nous sommes « Je » et nos actes sont une réponse et non l’expression d’un monde personnel ; et leur actualisation ou non n’est plus l’actualisation de notre monde.

 

La réponse d’Alexandra David Neil à Arnaud Desjardins n’est plus entendue là-bas, chez l’autre, mais est notre vision ici :

 

« […] Est-ce que j’aurais pu choisir autre chose ?

Ou est-ce que j’étais conditionnée de façon à ce que je choisisse cela ? 

[…] Faut jamais dire « si j’avais été », à cette époque-là, et dans cet âge-là, j’aurais fait cela… mon bon ami,

si vous aviez été de cette façon-là, dans cet entourage, à tel âge etc. Vous auriez été celui là, vous n’auriez pas été celui que vous êtes maintenant et vous auriez pensé la même chose, vous auriez fait exactement ce que l’autre a fait parce que vous auriez été lui à ce moment-là ».

 

Alors, parfois, la vie toute simple et humaine, au lieu d’être avidité et consommation, devient dans tous ses aspects : célébration.

Ce qu’elle est toujours, lorsqu’elle se vit elle-même à partir de la vacuité/Origine.

Un beau documentaire à voir

Au fil du monde – ARTE – YouTube

Belle semaine

François

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« Afin de reconnaître clairement l’état naturel, vous devez retourner le regard sur vos pensées. Lorsque vous pratiquez ainsi, vous réalisez qu’à la fois celui qui regarde et l’objet qui est regardé disparaissent simultanément.

Si vous observez attentivement ce qui se passe à cet instant, vous verrez qu’en vérité, vous ne pouvez absolument rien trouver. Il n’y a rien là. Cependant, vous ne tombez pas dans un état d’insconscience. Au contraire, si vous regardez très attentivement, vous allez voir que cet état est plutôt clair et lumineux. Il est impossible de le décrire car il transcende toute description et parce que le langage est fondamentalement conditionné.

Cet état est au-delà des définitions et au-delà de la saisie mentale. Calme, il est parfaitement conscient de lui-même car lorsque vous demeurez dans un tel état, vous réalisez que vous êtes dans votre mode originel ou votre état primordial lui-même. Vous devez vérifier cela très souvent et vous familiariser avec cela aussi fréquemment que possible.

Lorsque vous vous serez familiarisé avec cet état et que vous l’aurez cultivé encore et encore, sans aucun artifice, votre expérience de cet état va devenir de plus en plus stable.

Lorsqu’elle commencera à se stabiliser, vous remarquerez que les pensées impures ne surviennent pas comme elles le font d’habitude et vous verrez qu’elle se purifient naturellement d’elles-mêmes. Ces pensées impures deviendront de plus en plus rares, jusqu’à ce qu’elles soient complètement pacifiées dans l’état naturel.

Il est extrêmement important de parvenir à un tel état afin de cultiver l’expérience de l’état naturel de manière continue.” 

Lompö Tenzin Namdak

Regardez également ce beau documentaire :

Bhoutan, le royaume du bonheur – ARTE – YouTube

 

Belle semaine

François                                                          

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« Afin de reconnaître clairement l’état naturel, vous devez retourner le regard sur vos pensées. Lorsque vous pratiquez ainsi, vous réalisez qu’à la fois celui qui regarde et l’objet qui est regardé disparaissent simultanément.

Si vous observez attentivement ce qui se passe à cet instant, vous verrez qu’en vérité, vous ne pouvez absolument rien trouver. Il n’y a rien là. Cependant, vous ne tombez pas dans un état d’insconscience. Au contraire, si vous regardez très attentivement, vous allez voir que cet état est plutôt clair et lumineux. Il est impossible de le décrire car il transcende toute description et parce que le langage est fondamentalement conditionné.

Cet état est au-delà des définitions et au-delà de la saisie mentale. Calme, il est parfaitement conscient de lui-même car lorsque vous demeurez dans un tel état, vous réalisez que vous êtes dans votre mode originel ou votre état primordial lui-même. Vous devez vérifier cela très souvent et vous familiariser avec cela aussi fréquemment que possible.

Lorsque vous vous serez familiarisé avec cet état et que vous l’aurez cultivé encore et encore, sans aucun artifice, votre expérience de cet état va devenir de plus en plus stable.

Lorsqu’elle commencera se stabiliser, vous remarquerez que les pensées impures ne surviennent pas comme elles le font d’habitude et vous verrez qu’elle se purifient naturellement d’elles-mêmes. Ces pensées impures deviendront de plus en plus rares, jusqu’à ce qu’elles soient complètement pacifiées dans l’état naturel.

Il est extrêmement important de parvenir à un tel état afin de cultiver l’expérience de l’état naturel de manière continue.” 

Lompö Tenzin Namdak

Regardez également ce beau documentaire :

Bhoutan, le royaume du bonheur – ARTE – YouTube

 

Belle semaine

François                                                          


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A propos de la vue

« On peut fort bien s’accrocher à n’importe quelle doctrine philosophique en considérant le système de notre propre école comme seul valable, sans voir que toutes les doctrines ne sont que de simples constructions conceptuelles, un vaste réseau d’étiquettes.

Nos affirmations sont basées sur l’attachement à notre propre position philosophique; toutefois la position philosophique du Mahamoudra est au-delà et en dehors de ce type de conceptualisation.

Lorsque vous vous accrochez à une position, la tenant pour vraie (une entreprise irritante et totalement épuisante), cela obscurcit votre capacité à voir la nature fondamentale de l’esprit.

En résumé, le fait même d’affirmer votre propre approche philosophique et de vous y accrocher obscurcit la vraie nature de l’esprit, cela même que vous essayez de réaliser.

Le problème, c’est la « saisie », ce préjugé /biais en faveur de votre propre point de vue, de votre propre façon de comprendre. »

Khenpo Tsultrim Gyatso

Belle semaine

François

 

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Comme il n’est pas possible de bloquer les pensées négatives, que doit-on faire? 

L’idée est qu’il n’est pas nécessaire de les arrêter (en pensant pouvoir ainsi atteindre la luminosité/vacuité) car leur essence est luminosité/vacuité.

On a juste à faire de la base fondamentale des pensées notre centre de gravité.

Il en va de même pour les pensées positives. On n’a pas besoin d’en créer de nouvelles (en pensant que ce serait un moyen d’obtenir la luminosité/vacuité meilleur qu’avec des pensées négatives). Comme la nature fondamentale de toute pensée est claire lumière, nul besoin d’insister pour que les pensées soient positives (afin de méditer sur leur nature). Du point de vue de la nature fondamentale, l’essence des pensées positives et négatives est identique.

De ce fait, les pensées négatives n’ont pas besoin d’être bloquées et les positives n’ont pas besoin d’être encouragées. Cette manière d’expliquer cela a été enseignée par Gyalwa Yangon.

Khenpo Tsultrim Gyatso

 

Gyalwa Yangon


Ne pers pas la fraîcheur d’une attention jamais distraite.
Ne médite pas et ne fabrique pas l’état naturel.
Ne cherche pas à définir ce qui dépasse l’esprit.
Ne le contamine pas avec l’analyse, reste dans l’ouverture (du sans-naissance).
Unis la méditation et (la réalisation de) l’absence d’élaborations, comme une fille qui retrouve sa mère.
[…]


Ce qui est perçu par les cinq sens est le rayonnement d’une incessante continuité.
Ce qui apparaît des objets des sens, sans appropriation, est par nature dépourvu de naissance.
Même lorsque l’attachement aux apparences est présent,
Il se transmue en méditation spontanée.
Voir la vacuité dans l’apparence, sans élaborations conceptuelles,
C’est laisser le processus de manifestation suivre son cours.
Ne considérez pas l’apparence comme défectueuse, mais renoncez à votre attachement.
Vous entrerez alors dans la spacieuse méditation de l’unique saveur.
[…]

Regardez directement la conscience et voyez s’il y a dualité
Entre l’objet de méditation et l’esprit qui médite.
Libérez la conscience éveillée de son support
Et restez détaché de la conscience dénuée d’attention.
Vous entrerez alors dans une constante méditation qui se perpétuera jour et nuit.

 Extrait de : Rayons de lune. Ed. Padmakara, coll. Tsadra, 2010

Belle semaine

François

 

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La libération par la vision nue

Le livre des morts tibétain, traduction Philippe Cornu

 

« Même si on examinait avec attention l’univers entier,

il serait impossible de l’y trouver.

Il n’est pas possible de découvrir la bouddhéité en dehors l’esprit.

Quand bien même, ne reconnaissant pas cela,

vous rechercheriez l’esprit à l’extérieur,

Comment pourriez-vous vous trouver vous-même en vous cher­chant ailleurs ? Ainsi d’un idiot qui, immergé dans la foule

Et fasciné par son spectacle,

se serait perdu lui-même,

Et, ne se reconnaissant plus, se chercherait lui-même partout,

Prenant à tort les autres pour lui-même.

De même, puisque vous ne voyez pas l’état naturel qui constitue la condition authentique des choses,

Vous vous diluez dans le samsara,

ne sachant pas que les appa­rences sont l’esprit,

Et, sans voir que le bouddha est votre propre esprit,

vous occultez l’au-delà de la souffrance.

Samsara et nirvana sont distincts,

compte tenu de la connaissance et de l’ignorance,

Mais, en l’espace d’un instant, la différence entre eux s’abolit.

En les voyant ailleurs qu’en votre esprit, vous vous illusionnez.

Or la méprise et la non-méprise sont d’une unique essence.

Comme il n’est pas établi que la série psychique des êtres est double,

La nature de l’esprit sans artifices se libère

quand on la laisse simplement en elle-même,

Mais  si vous n’êtes pas conscient que l’illusion même gît dans l’esprit,

Vous  ne comprendrez jamais ce sens ultime de la Réalité.

Par conséquent, observez en vous-même et par vous-même ce qui

émerge et surgit naturellement,

Ces apparences, observez d’où elles surgissent d’abord

Puis où elles résident entre-temps

Et la destination où elles se rendent pour finir.

A l’instar d’un corbeau [qui regarde dans] un puits

Puis s’envole du puits sans y retourner,

Les apparences émergent de l’esprit,

Et, étant surgies naturellement de l’esprit, s’y libèrent.

Cet esprit essentiel vide et clair connaît toutes choses,

étant conscient de tout,

Sa clarté et sa vacuité étant indivisibles depuis l’origine,

on le compare au ciel ;

Etabli  définitivement en tant que claire évidence de la sagesse née : elle-même,

Il est de fait la Réalité même.

Comprendre ce qu’il est,

c’est se rendre compte que toutes les apparences phénoménales de l’existence

Sont connues au sein de votre propre esprit, et que cette nature de l’esprit

Présente et radieuse

est comme le ciel.

Toutefois, cet exemple du ciel qui illustre la Réalité

Ne peut être que partiel et provisoire, un simple signe indicateur.

Car la nature de l’esprit est un vide accompagné de présence vive,

clair en tous ses aspects,

Tandis que le ciel est un vide sans présence, une béance inanimée.

Par conséquent,

le véritable sens de l’esprit ne saurait être montré par le ciel.

Reposez donc dans cet état sans aucune distraction ! »

Belle semaine

François

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La libération par la vision nue

Le livre des morts tibétains, traduction Philippe Cornu

 

 

« Dans cette claire vacuité

où les pensées passées se sont évanouies

sans trace aucune,

Dans cette fraîcheur

où les pensées à venir ne sont pas encore :

 A l’instant où s’établit le mode naturel sans fabrications,

Voici cette conscience qui, à ce moment,

est en elle-même tout ordinaire,

Et dès que vous tournez votre regard nu sur vous-même,

Ce regard qui n’a rien à voir débouche sur la clarté,

La Présence dans son évidence, nue et vive,

C’est une pure vacuité qui n’a été créée d’aucune manière.

Un état inaltéré où clarté et vide sont indivisibles,

Ni éternel puisque rien n’y existe vraiment

Ni néant puisqu’il est clair et vif.

Il ne se réduit pas à l’un,

étant présent et limpide en toutes  choses.

Et n’est pas le multiple,

car tout y est d’une saveur unique dans l’inséparabilité,

Telle est cette Présence intrinsèque

et elle n’est rien d’autre.

Belle semaine

François

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